mercredi 3 juin 2009, par ,

Quand le producteur est en trop.
On avait aimé leur Show your bones sorti en 2006. Le mois dernier, les Américains de Yeah Yeah Yeahs sortaient leur troisième album It’s a Blitz !. Et il nous aura fallu quelques semaines pour nous faire un début d’opinion.
Chose que l’on avait déjà remarqué, la personnalité de Karen O’ est assez marquante, et imprime une singularité rock ‘n roll au groupe que ce soit comme ici, sur album, mais également sur scène.
Le single Zero est survitaminé et donne la direction que prend le groupe. Un peu discoïde, clinquant, plaisant mais oublié presque dès avant la fin de l’écoute. Cette première impression se confirme sur le remuant second morceau, au titre amusant au demeurant Heads will roll. On y découvre des guitares qui vrombissent légèrement sur des nappes de synthé. Et quand elles ne débarquent qu’avec parcimonie, on lorgne carrément du côté de Goldfrapp (Soft Shock). Mais à force de soft, il n’y a presque plus de "Shock".
Mais d’un point de vue finesse d’écriture, on n’est assez loin des standards de, disons, The Long Blondes. Et comme il n’y a plus la même rage rock, ça devient agréable, ce qui est pas très "rock ‘n roll" comme qualificatif.
Les éruptions arrivent un peu de nulle part (Dull Life), mais avec une hargne un peu adoucie par le gros son. On retrouve avec plaisir un peu plus de guitare. Le refrain est entrainant, d’accord, mais dans le genre, on a déjà un Metric qui fait bien le boulot. Au final, le morceau est quand même emballant mais laisse malgré son abattage un goût de trop peu. De plus, un groupe comme Metric (ndlr - dont on vous parlera bientôt) semble approcher de plus en plus l’équilibre qui manque ici.
Ce serait évidemment un peu simpliste d’affirmer que ça ne marche pas du tout. Runaway par exemple est bien telle quelle, alors qu’elle est plus douce. Sur la toute fin, Hysteric donne un peu d’air à tout ça. Le tempo se pose, ça parait plus clair et ça nous permet d’apprécier l’écriture.
On ne retrouve pas que trop peu le côté brut de fonderie qui nous avait séduits sur Show your bones. Une certaine urgence, une certaine brutalité qui faisait penser à PJ Harvey ou aux White Stripes, par exemple. Ou alors le premier Sons and Daughters (challenger crédible pour la tenue de scène la plus n’importe quoi) pour reprendre un exemple plus ‘acoustique’.
Au lieu de ça, on a un son plus léché, plus chargé de synthés. C’est leur droit le plus strict d’évoluer par là, mais c’est aussi le nôtre de ne pas les suivre sur ce chemin non plus. On pense alors à ce qu’aurait donné un Dragon Queen avec leur ancienne façon. Mieux sans aucun doute.
Comme le faisait Pitchfork, on rapprochera les défauts de cet album et ceux du dernier Maxïmo Park (enfin, eux le faisaient dans l’autre sens). Tous deux pêchent principalement par un emploi inconsidéré des synthés qui en viennent à étouffer tout dynamisme, à gommer tout le nuancier et à dissiper tout enjeu. Il faudra probablement en chercher la cause derrière la console, dans le chef de Launay, producteur des deux albums
En fait, on n’arrivera ni à adorer ni à détester cet album. Si on a bien l’impression de trouver ici un album moins intéressant que Show you bones, on ne pourra cependant pas nier la qualité de compositions telles que Dull Life, Runaway et Little Shadow. La pièce est ici tombée sur la tranche et il nous faut prendre une décision, ce sera donc 3 étoiles, note probablement un peu généreuse mais pouvait-on décemment lui mettre moins qu’à Maxïmo Park ?
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
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Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)