jeudi 10 août 2006, par

Quand on s’enthousiasme pour un album dont on ne connaît que des bribes, on s’expose à la déception. De plus, les messages et réactions glanées ci et là sur Internet étaient assez élogieuses. Et le premier album du groupe Electronic Jacuzzi, m’avait aussi beaucoup plu, en dépit du caractère inabouti mais tellement plein de promesses.
Alors on met le CD dans la platine. On est d’abord rassurés par le single Blow qui truste les radios (enfin, Pure FM quoi) mais dans une version de 7 minutes 30, flirtant avec le progressif (vilain mot bien défendu). On se rassure et on peut enfin en parler, avec le sourire aux lèvres (c’est l’effet que me fait la bonne musique, même si c’est du Nick Cave cafardeux).
Sortir un album de nos jours en revendiquant l’émotion est casse-pipe. Parce que les modèles du genre que sont Radiohead (le début de Horse a été entendu quelque part sur Hail to the thief) et Muse sont assez indéboulonnables. Et puis parce que si l’intensité n’y est pas, on sonne creux comme du Kyo.
Qu’est-ce qui pourrait dès lors sauver le groupe ? Rien d’autre qu’un bon vieux bordel à la belge, un je-ne-sais-quoi de pas propre et pas sérieux qui ramène à d’autres modèles du genre, dEUS (l’imprévisible Mine) et Moondog Jr en tête. Ils n’ont jamais peur de mettre du piano au service d’une montée (Dragster-wave, Sweet love), mais ce n’est pas la virtuosité et les prétentions symphoniques qui priment mais l’efficacité.
Par l’énergie dégagée ensuite, par le souci de faire non pas une musique qui réfléchit et qui pose, mais qui bouge sans trop de ficelles. On se surprend à souvent monter le son, ce qui est très bon signe. L’héritage noisy a été bien digéré. C’est une revendication de cette nouvelle scène. Si le début de 21st century crooners sonne comme du Muse (soyons francs), la suite est plus grisante, de ces musiques qu’on joue en fermant les yeux comme pour mieux profiter de l’instant qu’on vit et fait vivre. Pas de paroles, pour quoi faire, un tube ? Ils peuvent tout se permettre, le plus pompier (Horse) comme le plus intime (Jet sex).
Un album immédiatement attachant et qui le reste. La définition d’un album essentiel ? Ca y ressemble en tous cas. ( M.)
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