vendredi 25 juin 2010

La théorie de la chaine inversée
Dans la grande bande d’Arts And Crafts, on a eu Metric qui a livré l’an passé son meilleur album et Broken Social Scene qui a lui aussi réussi son Forgiveness Rock Record L’attente était donc implicitement grande pour Stars, qui fait un peu partie d’une bande plus cohérente qu’il n’y parait. Ceci serait le versant pop, Metric le rock qui n’a pas peur du beat et Broken Social Scene la relecture en format pop d’un certain post-rock. Oui oui, je réalise à quel point c’est tiré par les cheveux comme réflexion.
Comment un groupe peut-il rester aussi attachant sans jamais complètement séduire à chaque fois ? Comme ces amis d’amis qui font partie de la bande de façon naturelle mais avec qui on n’a une conversation soutenue que de loin en loin, on a admis que Stars peut se surpasser mais que leur volonté d’ampleur (de pompier ?) rend souvent les morceaux digestes mais pas passionnants (I Died So I Could Haunt You). C’est trop frontalement pop pour me faire chavirer (We Don’t Want Your Body) mais comme c’est suffisamment léger et bien emballé, The Passenger ou How Much More passent sans effort. Il faut accepter cette légèreté, ce son un peu trop léché, éloigné des canons presque obligatoirement acides que pratiquent certains groupes à la mode. C’est une particularité de cette bande de Toronto.
Auraient-ils comme tant d’autres cédé aux sirènes années ’80 ? La mythologie nous conseille de se faire attacher au mà¢t dans des cas pareils. Ils n’ont en effet pas peur d’un synthé mis en avant sur Fixed ou d’un son de boite à rythme sur How Much More.
Les morceaux relativement plus simples sont donc particulièrement bienvenus. Changes donne plus d’espace à la voix et la personnalité d’Amy Millan et à cette jolie mélodie. On est donc plus immédiatement séduits, nous qui les savions à l’aise dans ces climats plus languides, et qui ne nous sommes pas encore complètement remis de Personal sur l’album précédent. L’autre très bon moment aura été annoncé d’entrée avec Dead Hearts, où la conjonction des voix marche en plein. Celle d’Amy Millan en tous cas participe toujours autant du plaisir d’écoute. Etrangement, l’effet sur Winter Bones pourrait la faire passer pour celle d’Anita Lane.
Contrairement à une chaine dont la résistance s’estime au plus faible de ses maillons, la valeur d’un album est souvent faite de ses meilleurs moments. Trop ampoulé pour moi en moyenne, il faut prendre Stars pour ce qu’ils sont, c’est-à -dire un groupe très policé au gros son qui a la chance d’avoir une chanteuse attachante et peut le temps de quelques morceaux être vraiment très bon.
http://youarestars.com/
http://www.myspace.com/stars
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