mercredi 25 août 2010

Range ta chambre !
Autant vous le dire tout de suite, cet article est peut-être un peu bougon. Parce que quand un groupe qui m’est a priori sympathique tend une myriade de bà¢tons, je les saisis. Et on dirait que ce second album du jeune groupe de Syracuse (NY) qui succède au prometteur The Rhumb Line nous donne du bà¢ton en abondance.
Comme sur les albums de Spinto Band, cette pop relevée de violon, reposant sur une solide rythmique, me semble un peu branque. Car si ces deux formations ont pu fournir des morceaux véritablement enchanteurs ou carrément géniaux (Oh Mandy, Dying Is Fine, ce genre), le reste de leurs albums souffrait de la comparaison, parce que le procédé seul ne suffisait pas.
Même problème avec des morceaux des Hidden Cameras, voire des New Pornographers. Tous ces groupes m’ont fourni de bons moments, mais semblent parfois touchés d’une réserve que je trouve encore plus marquée ici. Qui suis-je pour dire « range ta chambre » à un groupe ? Un critique qui se la joue un peu sans doute, un amateur un peu tatillon qui se demande ce qui lui manque pour que son plaisir soit plus grand aussi.
Certains groupes a priori bien plus discrets dans l’oreille arrivent avec à peu près les mêmes ingrédients à sonner de façon plus émouvante et constante. Je pense à des formations comme les Local Natives ou Seabear. Mais je suis aussi conscient que ce ne sont des groupes qui n’essaient pas de faire de la pop à velléité joyeuse. Alors il me faut convoquer The Rural Alberta Advantage pour prendre une incontestable réussite. C’est peut-être plus parlant pour ceux qui voient, moins pour ceux qui n’ont pas religieusement compulsé les 1144 articles de ce site.
Pourtant, il y a un vrai doigté chez ce groupe, et on sent sur The Orchard qu’ils savent placer un violon. Et puis il y a de plus plaisantes choses. Too Dramatic est quand même emmené par une grosse envie, Massachussets semble plus avide de chasser sur les terres de leur voisin de promo Vampire Weekend, mais avec encore une fois, plus de complexité dans les mélodies, ce qui nuit à l’immédiateté.
On disait qu’on bannissait pour quelques temps l’usage d’un son de synthé eighties ? Ca ne se marie pas toujours avec le reste (Foolish) et l’aspect opportuniste qui prévaut maintenant sera sans doute remplacé par une franche perplexité sous peu.
On retrouve aussi une voix haut perchée qui ne me séduit pas outre mesure. Mais j’admets que c’est très personnel et que si vous l’appréciez, cet album a plus de chances de vous plaire. C’est aussi pourquoi You And I Know me semble plus intense, en partie parce que la voix féminine y semble plus à son affaire, et on tient là un de leurs tout meilleurs morceaux. Quand on replonge sur Shadowcasting, l’écart me semble rude.
C‘est dommage que la foudre tombe sur un groupe aussi sympathique, mais mon seul rôle ici est de donner mon avis en toute mauvaise foi et subjectivité, et de le motiver dans le meilleur des cas. La pop peut être bancale si elle a des idées. Si elle manque juste de structure, de liant et d’idées mélodiques, elle peine à ma passionner.
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)