Accueil > Critiques > 2011

The Dodos - No Color

lundi 18 avril 2011


Dans le petit monde indie, où les gens se connaissent par blog interposé et parle plus ou moins de la même chose, The Dodos est depuis ses débuts un de ces groupes célèbres pour une minorité. Cette blogosphère a en effet très vite reconnu ce duo devenu trio grà¢ce à quelques morceaux très plaisants qui ont précédé leur premier album et quelques prestations vraiment formidables. J’ai assisté à un de ces grands moments au Pukkelpop, où un groupe qu’on trouve sympa arrive à mettre à genoux une petite foule de curieux.

The Dodos sur album, c’est un peu différent. Parce que les deux ingrédients principaux, une guitare très sèche et une batterie qui martèle, semblent plus monotones une fois que la performance est enregistrée. On retrouve donc ce groupe où ils nous avaient laissés avec Time To Die. On peut certes noter une évolution, un retour à une forme plus directe, plus proche de Visiter. Mais il faut bien l’avouer, quand on prend un peu de recul, ce sont trois albums qu’on prend ensemble ou qu’on rejette d’un bloc (quoique cette dernière réaction soir rare).

Le premier album était intéressant parce qu’il ne ressemblait à rien d’autre. Le second était moins intéressant parce qu’il ressemblait fort au premier et le troisième pourrait ne pas être intéressant parce qu’il épuise les recettes des deux premiers. Mais l’intérêt intrinsèque n’explique pas tout. On dirait qu’on a signé un chèque de sympathie en blanc à ce groupe. Tout ce qu’on leur demande dès lors, c’est de ne pas nous décevoir, de rester fidèles à eux-mêmes. Et ici, on peut dérouler la check-list, rien ne manque, y compris les petites touches de différences qui nous empêchent de penser qu’ils tournent trop en rond.

Les mélodies sont toujours présentes, mais basées sur une scansion minimale, ce qui empêche une certaine variété. De plus, ce qui est surprenant, c’est leur habituelle manie d’étirer leurs morceaux, contraste avec leur relative aridité. Laquelle n’est pas incompatible avec la fête. Going Under est par exemple plein d’allant, mais l’effet sur moi est depuis toujours un peu d’usure. Ils introduisent aussi un peu de distorsion (When Will You Go ?) et une guitare qui se fait plaisir sur Don’t Try And Hide It. Comme sur leurs précédentes livraisons, il y a quelques surgissements, où leur style s’incarne en de meilleurs morceaux. Cette fois, c’est Companions et son violon qui semble le mieux construit, et emporte le plus facilement l’adhésion.

Le quatrième album des Dodos ressemble à leurs précédents. Pour ceux qui comme moi trouvent ça très sympa mais pas fondamentalement génial, il n’y a aucune raison de bouder ce No Color si les précédents ont plu.


Répondre à cet article

  • Einar Stray Orchestra – Chiaroscuro Variations

    Il y a des artistes, comme ça, qui ne nous ont jamais déçus, à propos desquels on n’a jamais dû tempérer l’enthousiasme. Le Norvégien Einar Stray fait indéniablement partie de ce contingent. Cet attachement qui s’est manifesté pour Einar Stray Orchestra ou Mildfire avait commencé en 2011 et cet incroyable Chiaroscuro. On a réécouté l’album pour l’occasion et c’est toujours un grand plaisir. Le (…)

  • The Veils – Fragile World

    Etrange que les sorties d’un groupe qui nous est si cher échappent parfois à notre vigilance. Il faut dire que si leur style est toujours reconnaissable, l’ambition de leurs albums est variable. Au très spectaculaire et généreux ...And Out of the Void Came Love avait en effet succédé le plus intime Asphodels qui avait aussi moins marqué. On comprend très vite qu’on va rester proches de ce (…)

  • Get Well Soon - Minus The Magic

    On pensait avoir compris la trajectoire de Get Well Soon, qui semblait évoluer vers une pop deplus en plus orchestrée.Mais le propre des artistes est de ne pas s’occuper de progression linéaire mais de suivre leurs inspirations et leurs envies. Et les envies actuelles de Konstantin Gropper semblent avoir six cordes.
    En effet, à l’instar de Songs Against The Glaciation et de la tournée qui a (…)

  • Mathis Agenkin - Passage des Fleurs

    Le premier album de Mathis Agenkin est une belle illustration de ses racines françaises et turques, de sa solide formation de pianiste et d’envies éclectiques. C’est comme ça qu’une des tendances de ce Passage des Fleurs est le piano solo.
    Solo mais pas dépouillé, avec quelques nappes pour encore en déployer la délicatesse. Et il est bien joli ce Where The Birds Are. Ce piano sert aussi de (…)