vendredi 25 mars 2011

Large palette
C’est trop injuste. Evidemment, on sait qu’on se cantonne à quelques genres, qu’on est moins ouverts et versatiles qu’on se plait à le penser, mais quand on découvre un album enthousiasmant qui est passé complètement inaperçu, il pousse des ailes de redresseur de torts. Avec ce corollaire qui vous est peut-être familier à force d’entendre des groupes un peu semblables, chaque découverte (même encourageante) se double d’une pointe de mélancolie.
Sorti en 2010 dans l’indifférence générale, et en version virtuelle seulement, le premier album du groupe de Brooklyn a quand même quelques arguments, comme la présence d’un membre de Cursive ou une collaboration d’un membre moins connu d’Arcade Fire (Kelly Pratt). Cette allusion canadienne va d’ailleurs m’aider à mieux vous présenter Twin Thousands puisque je verrais bien cet album sorti sur Arts And Crafts, le label de Metric, Stars, Land Of Talk ou Broken Social Scene, quelques groupes qui peuvent mêler émotion et son très léché. Avec en sus un petit souffle héroà¯que (sur Volcano Season et ses cuivres en liberté) venu d’un autre point du Canada (Montréal donc) qui peut donner l’entrain nécessaire au poussage de beuglante qui entame cet album.
Mais ils savent aussi rentrer les griffes, le temps du second Like You A Lot que ne renierait pas Destroyer. Et puis encore élargir leur spectre sur 7 is 8, de l’électronique du début à une intensité prenante en passant par quelques passages noisy. Ce morceau-synthèse est le troisième et on a déjà eu un joli aperçu de l’étendue de leurs possibilités. Donc si tous ces éléments ne sont pas déroutants quand on en fait le détail, la vue d’ensemble peut déconcerter par sa versatilité, qualité qu’on avait déjà identifié chez les Norvégiens d’Harrys Gym. On passera donc d’une pop légère à la Au Revoir Simone qui aurait pris des vitamines (Tailfeather) à quelques belles poussées de fièvre (Fireworks).
Evidemment, elles pourront paraître occasionnellement pompières ces circonvolutions de Twin Thousands et les allergiques au goà »t de trop passeront un moment difficile. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié cette large palette qui a le bon goà »t de montrer que quand on possède un don, les façons de l’exploiter sont multiples.
http://www.myspace.com/twinthousands
Bandcamp est sans conteste une des plateformes les plus usitées du moment : http://www.twinthousands.com/
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Une pochette toujours foisonnante mais en noir et blanc cette fois-ci, c’est le premier contact qu’on a avec ce treizième album critiqué en nos colonnes. On a donc une familiarité certaine avec la formation de Kevin Barnes mais on sait aussi que ses aspirations du moment influencent sensiblement le résultat, du plus calme au plus délirant. Donc, dans le contexte d’un album d’of Montreal, ceci (…)