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Maybeshewill - I Was Here For a Moment Then I Was Gone

vendredi 3 juin 2011

Un peu d’énergie


Comme beaucoup de genres musicaux, le post-rock est à la croisée des chemins. Et on a vu dans les critiques et les commentaires que les dernières livraisons de Mogwai ou Explosions In The Sky ne tracent plus la route, encore que les Ecossais tentent l’échappée. Mais il y a une myriade d’autres formations désireuses de se trouver une place au soleil dans ce qui reste une niche. Une niche avec terrasse donc.

Les concerts sont toujours une source de découvertes intarissable. En allant voir mes potes de Cecilia::Eyes au DNA (il y a des images ici). Il faut bien avouer que c’est d’une seule oreille que j’avais assisté au concert. Je me souviens de m’être réjoui de l’absence de chanteur. Avec une prestation musclée comme celle-là , un beuglement aurait gà¢ché mon plaisir de béotien du hard. Après ce concert musclé, l’album semble bien plus civilisé, ce qui n’est finalement pas dommage pour des oreilles comme les miennes, peu rompues aux sonorités metal.

Sans doute que cette comparaison est sommaire, mais ce groupe semble se placer dans le sillage des premiers 65 Days Of Static, période pré-électronique donc. C’est sur la mélodie des claviers et la force des guitares que les prises d’intensité se font. Ou alors avec des violons de synthèse, ce qui les rend plus proches de ce qu’a pu faire Mono sur don dernier album (Songs for Arabella, Farewell Sarajevo. Pour le reste, on pourra dire que la batterie est moins présente que chez 65 DOS et les autres groupes du genre, et qu’ils casent 10 morceaux en 44 minutes, ce qui montre qu’ils préfèrent la concision à la digression. On compte donc moins de passages à basse altitude, les figures aériennes de Maybeshewill se font à haut régime. Je dois vous dire aussi que je suis moins partisan de leur veine plus vainement technologique sur le final To The Skies From The Hillside.

Original et neuf sont des mots rarement employés dans une critique de post-rock. Mais le mot plaisir est celui qui est déterminant. L’écoute de cet album est donc plutôt revigorante. Je n’aime pas classer la musique par effets et il me semble réducteur de parler de ‘musique qu’elle donne de la pêche’ mais force m’est de constater que c’est la conséquence fréquente des écoutes de cet album qui brille plus par son empressement que par sa singularité.


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