vendredi 1er juillet 2011

Réussir un album, c’est déjà pas mal. Confirmer sur le second, c’est encore mieux. Mais comme souvent, c’est le troisième qui marque le temps des décisions et des orientations. Comment évoluer quand on a sorti des albums à la personnalité aussi affirmé qu’Ears Will Pop and Eyes Will Blink et A Certain Feeling, il est difficile de pousser le procédé qui marche plus loin, ou de le maintenir trop longtemps. Sur les deux premiers albums donc, le principe du chœur beuglé était poussé à son paroxysme. Et comme les morceaux avaient les mélodies qu’il fallait, ils m’avaient vraiment plu. A l’instar d’I’m From Barcelona qui a réduit la voilure et de Polyphonic Spree dont on est sans nouvelles, il n’est pas difficile de voir ce qui a poussé Bodies Of Water à évoluer.
Ce n’est donc plus la même dynamique qui sous-tend les morceaux. One Hand Loves The Other est tout à fait réussi dans un autre genre, reposant sur un orgue et une mélodie lancinante. Il reste bien de bons morceaux, et plutôt plus que chez bien des groupes, mais leur vigueur s’est transformée en simplicité pop (Like A Stranger très réussi). Ce qui reste par contre, c’est un sens mélodique qui devrait rendre modestes tous ceux qui pensent faire de la pop sans en avoir la limpidité (Ra Ra Riot, quelqu’un ?)
Comme souvent quand le style d’un groupe évolue, on en vient à penser qu’on aurait apprécié que l’étiquette du flacon soit différente, même si le breuvage correspond toujours à nos goà »ts. Même si ici tout ne plait pas, et un Open Rythms un peu plat peine à se révéler à la hauteur de nos souvenirs. Triplets en devient un peu plus gentil, donc moins fascinant. De même, In Your Thrall Again semble vraiment retenu, trop discret pour être honnête.
La voix de Meredith Metcalf est belle sur Lights out Forever qui ne compte que sur quelques cuivres pour rehausser la guitare simple. Rise Up, Careful semble aussi se contenter de simplicité mais évolue, emporte des instruments avec soi. La voix de David Metcalf est aussi très en place sur New Age Nightmare (même si elle semble se forcer à rester grave) et peut aussi tenir toute seule sur You Knew Me So Well. On imagine aisément que les chœurs discrets de ce morceau auraient été sur un autre album bien plus présents que le reste.
Quand on a une fougue reconnaissable qui pouvait faire passer tout sur la puissance de la conviction, jouer la retenue est une prise de risque. Fort heureusement, les qualités de composition du groupe ne se sont pas trop perdues en route, mais leurs beuglantes manquent quand même. Livrer un troisième album dans la même veine aurait sans doute été un peu décevant, mais y renoncer les contraint à un peu rentrer dans le rang. Leur nouvelle façon donne de très bons moments mais peine à capter l’attention sur la longueur.
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)