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The Leisure Society - Into The Murky Water

lundi 20 juin 2011


Vers la fin de 2009, The Leisure Society nous avaient gratifié d’un premier album très plaisant, rempli de morceaux digestes et évanescents. Comme Vetiver dont on va recauser. Il reviennent en ayant renforcé leur casting d’un violon qui apporte un vrai plus à bien des compositions (The Hungry Years).

Disons-le d’emblée, le revirement est assez marqué. Mais en termes de qualité, rien n’est perdu. L’entièreté de l’album a migré vers le mid-tempo, ce qui n’est évidemment pas un mal en soi, mais sachant à quel point ils ont pu livrer de précieux moments dans leurs balades hors d’à¢ge. Bien entendu, ils ne se sont pas contentés de se stabiliser à une vitesse de croisière, et Our Hearts Burn Like Damp Matches est un impeccable instant de recueillement.

Les références sont sans doute à chercher dans les années ’70. Le spleen souriant plaira évidemment à ceux qui portent Belle And Sebastian. Dans le genre d’ailleurs, je les préfère de loin aux productions récentes de la bande à Murdoch.

Leisure Society produit donc de la musique à écouter les orteils en éventail, même si pour moi beaucoup de morceaux semblent trop gentils pour que je puisse réellement me laisser aller (Although We Are All Lost). D’une manière générale, ce n’est pas une musique qui essaie de bouleverser. L’émotion est une conséquence recherchée en musique mais ce n’est pas le seul but. Après l’avoir poursuivie et atteinte sur son premier album, les Anglais de The Leisure Society se sont tournés vers la forme et l’effet global. Je veux dire qu’ils profitent de leur maitrise et de leur richesse pour que leur musique enchante, ne déçoive pas et devienne une musique de fond délectable. Il est parfois préférable d’atteindre une cible prétendue triviale que louper une perchée trop haut. Il est donc plus prudent d’adapter ses attentes en fonction.

Cet album laisse peu de prise à la revue de détail, à la critique aussi, vous l’aurez constaté. Allez-y donc sans hésiter si vous aimez les orchestrations soyeuses, les morceaux qui sentent bon la détente et le sérieux. Après un premier album qui semblait être le pendant britton du retour en grà¢ce d’un folk classieux et intime (Bon Iver, ce genre…), le second se présente comme une relecture soyeuse de ce qu’a pu nous livrer Belle And Sebastian. Le spleen émouvant en moins et la constance en plus.


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