mercredi 29 juin 2011

Version électrique
Deerhunter fascine. Du moins c’est l’effet qu’il a sur certains donc je me compte. Une des raisons de mon attachement est cette propension à montrer plusieurs visages, différents mais cohérents. Et c’est dans cette optique qu’un live est un exercice moins anodin qu’il n’y parait puisque les morceaux y sont transfigurés, pour en faire des exercices électriques et tendus. Aborder ce groupe par ce biais, c’est aussi se contraindre à une vue un peu parcellaire, le prendre pour un groupe de rock, ce qu’il est peut-être finalement.
Parce qu’on peut dire que Deerhunter sur le papier, c’est un fameux fourre-tout. De la noirceur de d’un Joy Division robotique (même si cet aspect est limité à quelques morceaux) à l’abstraction pop d’un Animal Collective en passant par des influences shoegaze et krautrock (rock progressif allemand des années ’70, matrice de bien de bonnes choses actuelles), il y a en effet un peu de tout chez le groupe d’Atlanta. On retrouve la plupart de ces composantes ici, et ils sont allés chercher aussi bien le formidable Nothing Ever Happened que le plus obscur Wash Off pris du Fluorescent Grey EP.
Desire Lines/Hazel est un peu gà¢ché par un son qui n’est pas à la hauteur, un chant moins assuré, mais les parties instrumentales sont au point. Et on en vient à dégainer une référence de plus (de trop ?), celle de Sonic Youth pour l’insolente liberté guitaristique, cette improbable grà¢ce née du chaos que même les maitres de New-York n’arrivent pas à accrocher à chaque fois et qui a fait croire à tellement de groupes qu’il suffisait de pousser les amplis très longtemps pour que quelque chose d’intéressant en sorte. Ici, leurs influences kraut sauvent la mise et on les suit sans effort pendant les plus de 10 minutes du morceau, même s’il faut se rendre compte qu’en cas de fatigue, il faudra envisager de se passer d’un concert pareil. Certaines digressions passent très bien en concert mais semblent parfois un peu longuettes une fois écoutées au casque.
Même si je dois avouer que je peux passer de très longues périodes sans écouter d’albums de Bradford Cox, à chaque fois le charme opère. Le son de ce concert enregistré au festival SXSW d’Austin pour le site Rhapsody n’est pas exceptionnel, un peu brouillon et brut pour susciter des écoutes fréquentes. Comme tout live qui se respecte, il servira tout au mieux de rappel de bons moments pour ceux qui y ont déjà assisté, d’introduction au curieux, et d’incitant pour les indécis. C’est plutôt dans la première catégorie que je me situe pour cette atypique formation qui a n’est pas pour rien dans le son de notre époque. Cette confirmation valait bien un live fà »t-il anecdotique.
http://www.rhapsody.com/#/artist/deerhunter/album/rhapsody-original
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)