mardi 6 septembre 2011, par

Croisière
Pour une fois, il ne va pas falloir passer de temps à définir le style de Beirut, tant il semble naturel maintenant d’incorporer des sons de fanfare à des compositions indie. 20 secondes de A Candle’s Fire, avant même que Zach Condon ne fasse entendre sa voix, et vous savez déjà chez qui vous êtes, vous avez déjà entamé la conversation, pris des nouvelles des proches, et le chat de la maison est sur vos genoux.
Si vous avez déjà entendu du Beirut (ce qui est probable vu la popularité croissante de ce groupe), vous ne serez pas dépaysés donc. Mais les variations subtiles sont tout de même là. Et on a aussi appris à le suivre dans son cheminement. Le second album explorait déjà d’autres pistes, avec l’aide bienvenue d’Owen Pallett, et puis il y a eu tous ces EP, réussis (Lon Gisland, Pompei, Elephant Gun) ou pas (March Of The Zapotec), intercalés et livrés comme des indicateurs de tendances.
De la fanfare sur morceaux indie des débuts, il reste plus que des traces, mais il semble qu’il pousse chaque fois plus loin l’incorporation. Sa voix par contre ne change pas, elle reste aussi personnelle et à sa place. Faire entrer autant de styles dans son univers et rester personnel, voilà une de ses performances. Evidemment, on a déjà pu constater que certains styles ne s’en sortaient pas bien (les sons cheap irrecevables de ses tentatives électroniques), mais même là, on constate que les choses évoluent. Le parfait exemple est Santa Fe, qui arrive mieux qu’auparavant à être un morceau pop sans complexes. On se rend compte aussi que certains morceaux sont des balades au piano rehaussées de cuivres (Goshen), que les trompettes du début sont toujours inscrites dans l’ADN sans se sentir obligées de tenir la première place.
Beirut a la bonne idée de glisser au moins un morceau marquant par album. Il est inutile de rappeler les fantastiques Postcards From Italy ou Nantes. Il est sans doute trop tôt pour déduire qu’un morceau de cette trempe figure ici, mais il n’en reste pas moins que Vagabond plait tout de suite, arrivant à rester entêtant avec un accordéon discret, un clavier irréprochable et un montage en couche. J’aime aussi la langueur de la plage titulaire, sa faculté à installer un état d’esprit languide. Et puis on aime ce choix de sons souvent organiques, et l’indépendance qui ne se sent pas forcé de suivre la course à la grandiloquence. A Candle’s Fire pourrait être bien plus gonflé qu’il ne l’est et c’est très bien comme ça.
Beirut a sans doute trouvé son rythme de croisière, faisant évoluer son style très personnel par petites touches, colorant de façon légèrement différente chaque album et réservant les audaces (parfois loupées) à des EP’s. Zach Condon (n’oublions pas qu’il n’a que 25 ans) a réussi ses trois premiers albums, qu’on se le dise. On n’est pas près d’arrêter de le suivre.
http://www.beirutband.com/
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