mardi 27 septembre 2011

à€ mourir debout
On l’avait laissé pousser trop vite, vendant son à¢me à un diable beau parleur contre un lopin d’Amérique. C’était beau de la voir ainsi scruter l’horizon avec l’ambition de sa jeunesse et une confiance d’un autre à¢ge. Elle avait dit posséder encore d’autres choses à partager mais, heureusement, elle a pris le temps de les voir mà »rir, déjà si loin devant ses précédents efforts. On retrouve alors une femme dont le nombre de printemps nous paraît désormais dénué d’importance, puisque l’intemporalité de ses chansons parle pour elle.
Il n’y a pas le moindre artifice ici. Un folk appalachien mà¢tiné de banjo et qui, par hasard, vient en l’occurrence d’Angleterre. Et après ? C’est la poésie protestataire face aux aléas de l’existence, un Bob Dylan qui fricote avec l’électricité et béni par une voix de colombe magistrale. C’est parfois du vrai rock sombre et contondant, qui monte pacifiquement en puissance comme on se laisserait peu à peu gagner par une rage sourde dont l’explosion respecte l’environnement (The Beast). On saurait pourtant que le calme le plus nu peut se révéler tout aussi intense (Night After Night).
Si Laura Marling est, de toute évidence, plus douée que ses pairs, elle sait aussi s’entourer. My Friends, chante-telle, pour leur ouvrir son chœur. Mais une fois encore l’inspiration, The Muse, ne fait que répondre à son propre talent. « La poésie ? écrivait Alfred de Musset. à‰couter dans son cœur l’écho de son génie. » Laura Marling est une géniale orfèvre, une conteuse d’histoires à mourir debout qui ignore l’angoisse de la page blanche. Comme Emmy the Great, elle projette ses peurs dans d’autres personnages (Sophia) et accomplit sa catharsis en cowgirl non violente.
« All my rage been gone, I leave my rage to the sea and the sun. » Purgée de ses colères et de ses frustrations, la chanteuse livre ses pièces à qui voudra les entendre, comme on tend un miroir à ceux qu’on aime. Il n’est pas tant question de lire en elle, mais bien de trouver dans ces chansons magnifiques une part de soi, de devenir lecteurs de nous-mêmes en substituant à nos propres mots ces quelques arpèges délicatement apprêtés. Et se dire, du frêle personnage que Laura Marling esquisse de sa jolie plume : cette créature, je la connais.
Phoebe Bridgers est une figure tutélaire assez imposante dans le landerneau des musiques apaisées. Certes, elle est elle-même moins omniprésente que dans un passé récent, mais son ombre plane sur énormément de projets, de Benni à Searows dont on découvre un second album après un EP qui nous avait bien tapé dans l’oreille.
Ceci est plus sombre peut-être, peut se poser en chainon manquant (…)
à‡a y est, la série de 6 EP de Tommaso Varisco est maintenant bouclée. Après deux premiers EP axés sur les concepts de guerre et paix (qui résonnent encore plus aujourd’hui), il a fait le tour des saisons pour terminer ici, renouant avec la veine folk-rock qu’on lui connaissait sur le toujours recommandable album These Gloves qui l’emmenait dans le nord, très dans le nord. On retrouve (…)
On a toujours apprécié les EP complémentaires, en tous cas bien plus que les rééditions augmentées sensées nous faire passer deux fois à la caisse avec du matériel connu. Les 29 minutes de ce Kid’s Table se profilent donc comme le prolongement idéal du Five Dice, All Threes de l’an passé.
Assez logiquement, il pratique la même veine riche et ample qui nous avait plus. A cet égard, la plage (…)
Sur le nom d’Elie Zoé n’a pas encore figuré sur ce site (à l’exception de trois brèves), on peut tout de suite le raccrocher à l’équipe de Coilguns. C’est en effet avec son collaborateur de toujours Louis Jucker qu’il a constitué un studio d’enregistrement pour ce nouvel album et le batteur Luc Hess est également de la partie. Constitué de récupération et situé chez Humus Records, cet (…)