lundi 9 janvier 2012

Monotone connivence
Avant de passer aux choses sérieuses, j’aimerais évoquer brièvement quelques albums souvent écoutés mais pas traités à temps sous forme d’article.
Il pourrait sembler anachronique de parler de Sophie Zelmani en 2011. Pourtant, la Suédoise qui a connu un peu de succès au milieu des années ’90 n’a jamais cessé de produire des albums. C’est via son précédent I’m The Rain que j’avais raccroché le wagon.
Ces morceaux semblent reposer sur un seul gimmick à la fois. La voix de Sophie reste charmante, mais ne suffit pas à donner du relief à elle seule, et le fond sonore qui pourrait se faire lancinant en devient parfois monotone (I Wouldn’t Speak for Him). En face, on a invariablement la guitare de Lars Halappi qui est comme souvent le point d’articulation des morceaux, ce qui nous vaut parfois de longues plages de guitare acoustiques (My Soul Remembers). Dans cette optique, on ne comprend pas toujours bien l’intérêt d’étirer All About You sur près de 7 minutes et demie.
C’est quand elle sort de ce schéma que l’album est le meilleur, sur le plus classiquement langoureux My Daughter par exemple, ou quand la voix (parfois simplement chuchotée sur Free Now) reste proche sans être démonstrative, et se permet une balade dépouillée (If You’re Still A Dreamer). Et puis il reste toujours la solution de l’accélération (I Love You) ou du mid-tempo plus soutenu (Story Of Us). Ce ne sont donc pas les solutions qui manquent. J pense parfois à des versions light d’autres de la même époque. Hope Sandoval sur Churchbells par exemple.
Il faut l’avouer, cet album sonne comme un peu monotone. Convenons aussi que les exigences ont bien évolué ces dernières années et que l’ancienne connivence ne suffit pas toujours. On ne réclame pas de génie ici, de fulgurance, mais de caresse. C’est ce qu’on obtient évidemment, mais on en vient à penser aussi que d’autres peuvent être plus émouvantes ou plus douces encore dans ce domaine très prisé des chanteuses acoustiques (c’est étrange l’idée que des chanteuses puissent ne pas être acoustiques d’ailleurs).
http://www.sophie-zelmani.com/
On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
Et ça attaque dès Flutter qui signe des retrouvailles tellement précieuses. Le fantôme d’Eliott Smith, voire celui (…)
Proposer Alex Keiling comme produit d’appel ne pouvait que susciter notre curiosité. Avant de dire tout le bien de son huitième album en tant que The Wooden Wolf, le voici déjà dans ce projet qu’il partage avec Julian Tröndle et Louis Groß du groupe folk teuton Lambs & Wolves.
Ce n’est aucunement un projet solo, on le sent à la coloration différente mais tout aussi belle. Ce qu’on entend (…)
Phoebe Bridgers est une figure tutélaire assez imposante dans le landerneau des musiques apaisées. Certes, elle est elle-même moins omniprésente que dans un passé récent, mais son ombre plane sur énormément de projets, de Benni à Searows dont on découvre un second album après un EP qui nous avait bien tapé dans l’oreille.
Ceci est plus sombre peut-être, peut se poser en chainon manquant (…)
à‡a y est, la série de 6 EP de Tommaso Varisco est maintenant bouclée. Après deux premiers EP axés sur les concepts de guerre et paix (qui résonnent encore plus aujourd’hui), il a fait le tour des saisons pour terminer ici, renouant avec la veine folk-rock qu’on lui connaissait sur le toujours recommandable album These Gloves qui l’emmenait dans le nord, très dans le nord. On retrouve (…)