mercredi 1er février 2012

Née quelque part
En publiant un article, il est possible d’y associer des mots-clés, de définir un genre. C’est ce qui définit les ‘articles connexes’ en haut à droite de cette page. On n’en a pas ajouté pour la ville de provenance, pourtant ce pourrait être intéressant. De Portland, Oregon, par exemple proviennent des artistes aussi divers qu’Eluvium, Decemberists, Menomena ou Yacht. Cette origine a un avantage certain, celui d’avoir à proximité des possibilités de renforts ponctuels. On retrouve ainsi des membres des Dodos, Decemberists (elle a aussi participé à des EP’s de Colin Meloy) et de Joey Burns de Calexico. Difficile de déterminer à l’aveugle qui fait quoi, mais on peut quand même discerner une syncope rythmique qui pourrait bien venir des Dodos comme sur la plage d’ouverture très réussie.
Il n’y a pas à proprement parler de son particulier à Portland (la diversité des protagonistes peut en témoigner), et ce label n’aidera pas ceux qui comme moi ne connaissaient rien de Laura Gibson. On peut tout d’abord dire qu’elle se pose moins dans la veine chanteuse-folk-guitare-en-bandoulière que celle des chanteuses compositrices en quête d’univers, celle qui est menée par Feist par exemple. On cite aussi souvent Alela Diane que je connais moins. Mais je crois les gens.
La voix est étrangement un peu ensevelie par les effets, ce qu’on n’attendrait pas de la part d’une singueuse-songwriteuse, et j’aurai souvent pensé à la gouaille de Kate Nash, voire les sinuosités de St Vincent (Skin Warming Skin) tout en restant plus accessible et direct que le projet d’Annie Clark. Cet emploi d’effet peut d’ailleurs être vu comme un peu trop systématique, et est parfois poussé dans ses derniers retranchements (The Rushing Dark).
Fort heureusement, elle sait se reposer sur des mélodies imparables (Milk-Heavy Pollen-Eyed, Crow/Swallow). Mais mon morceau préféré est Time Is Not. Avec une couleur un peu plus sombre, qui prend le temps d’installer une ambiance plus tendue occasionnellement désamorcée par des passages plus lumineux. Cette sensation de clair/obscur en fait un morceau délicieux, avec une fin qui s’épaissit, et m’a rappelé le formidable My Good Deed de Shearwater (encore chanté par Will Sheff).
Difficile de dire beaucoup de cet album en fait. Laura Gibson a pour elle une vraie personnalité, reconnaissable et différenciée. Peut-être qu’elle pousse trop souvent sur les mêmes boutons pour faire décoller ses morceaux, mais le talent est indéniable et le plaisir suit naturellement.
http://www.lauragibsonmusic.com/
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