jeudi 9 février 2012

Ce que les musiciens font d’autre dans la vie ou la formation de base de ces musiciens permet parfois de trouver un angle d’attaque plus facile sur leur œuvre. Pensons à l’ornithologue Jonathan Meiburg (Shearwater est un nom d’oiseau, en tout bien tout honneur) ou au mathématicien Dan Snaith (Caribou). Mais dans le cas d’Oliver Ackermann sa profession est au cœur même du son de son groupe puisqu’il produit des pédales de distorsion. On peut dire qu’il bénéficie d’un banc d’essai de premier plan, vu qu’A Place To Bury Strangers, c’est surtout un son qui vrille.
L’intransigeance leur permet d’ailleurs de surpasser les clichés de ce son sali sur des chansons pop. Certaines mélodies semblent surgies des années ’80 mais que leur traitement empêche de ressembler au revival littéral. Un côté qui m’a parfois rappelé les premiers Sisters Of Mercy, s’ils avaient eu le matériel de My Bloody Valentine. Ce qui pourra apparaitre comme une façon de rentrer dans le rang pour ceux qui se sont distingués par de la distorsion sans concession. Mais peut-on vraiment leur reprocher de ne plus prendre les oreilles de l’auditeur à rebrousse-poil ? Ils gardent en tout cas leur patte reconnaissable immédiatement, que le morceau soit plus facile (So Far Away) ou plus à¢pre (Drill It All).
L’audience d’un groupe pareil est forcément jusqu’au-boutiste, et dans cette mesure, ce virage vers plus de lumière et de mélodie et de facilité pourra être vu comme un affadissement. Un avis plus mesuré reconnaitra sans doute qu’il ne faut plus se conditionner pour se frotter au groupe de Brooklyn, qui possède un son reconnaissable tout de suite, qualité précieuse en ces temps de pléthore musicale. Il semble qu’A Place To Bury Stranger a stabilisé son procédé et on attend la suite sur un format plus long que les 5 titres proposés ici.
http://www.aplacetoburystrangers.com/
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