vendredi 6 avril 2012

Eightite
C’était il y a deux ans et demi déjà . Laurent publiait son premier article, un premier coup de cœur d’une longue série, et qui venait d’un peu nulle part (en fait, d’une brève de Paulo). On était encore au ressac du premier album d’Arcade Fire, et tout ce qui suscitait de l’émotion créé par plus d’une personne à la fois se référait à cette pierre de touche. This Is for The White In Your Eyes était un peu pompier peut-être, mais tellement maitrisé. Personnellement j’y avais trouvé de purs moments de bonheur (ce premier morceau !) mais le son trop propre me semblait trop policé pour que l’émotion puisse poindre souvent.
Après plusieurs écoutes de ce Rhine Gold ne me semble pas receler des mêmes perles, mais la froideur (cliché nordique ?) est encore plus présente. On n’est pas ici pour donner de mauvais ou de bons points, mais relater en toute subjectivité ce que des albums nous évoquent. Il ne faut pas commettre l’erreur classique de se prendre pour la norme, et je comprends parfaitement qu’un ressenti ne soit pas partageable.
Cet album, est comme énormément de productions actuelles, frappé d’eightite, pathologie dont les symptômes sont un son froid (The Third Time), des guitares pleines d’écho de Patricia‘s Thirts. Nous ne sommes pas en face de la variante kitsch, mais de la souche ciselée, celle qui a été transmise par Tears For Fears via des vecteurs comme les Dears. Un des effets secondaire est une ressemblance occasionnelle avec la pop faussement hiératique des Shins (Sedated) et quelques moments plus gratifiants (The Wind Is Blowin)
Jannis Noya Makrigiannis, le cerveau de l’opération, tente de trouver un remède cependant, et se lance dans les longs développements de Paralyze, voulant retrouver la tension du Kraut sans en avoir la fièvre (on est bien loin de Deerhunter) et le laissant muer vers un soft-rock (des sons de batterie très légers) assez déroutant. Bien honnêtement, j’ai ressenti plus d’ennui poli que d’admiration pour le coup. Une autre échappatoire, plus réussie celle-là , consiste à faire reposer des morceaux calmes sur des lits de nappes (Have I Ever Truly Been Here ?)
Rhine Gold est-il un mauvais album ? Non, certainement pas, mais force m’est de constater que je n’ai pas été à la fête lors des écoutes, comme une lettre adressée au voisin et atterrie dans votre boîte risque de vous faire peu d’effet. Après un premier album d’une sensibilité exquise, la froideur du second m’a tenu à l’écart.
On a longtemps considéré que les Liverpuldiens de Ladytron étaient un groupe à singles. Les albums ont toujours tenu la route sur la longueur mais brillaient par leurs hauts faits. Et puis la viralité surprenante d’un morceau comme Seventeen (de 2002 quand même...) sur TikTok ou la présence du formidable Destroy Everything You Touch sur la BO de Saltburn sont venues renforcer cette impression. (…)
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Pour que cette musique qui puise dans les énergies rock et synthétiques puisse donner sa pleine puissance, il faut un petit supplément de fougue pour pousser les morceaux (…)
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Il y a des noms qui sont liés à une époque, qu’on oublie forcément un peu avant de les voir ressurgir de nulle part. Lescop fait partie de ceux-là , vous l’avez definé, petit.e.s futé.e.s que vous êtes. Les années ’80 sont une esthétique qui n’a plus déserté le paysage musical depuis plus de 20 ans. Mais si ce troisième album reste dans ce (micro)sillon, il le fait avec tant d’allant qu’on ne (…)