mercredi 20 février 2013

Allez chercher l’émotion
Dans la courte liste de nos découvertes qui ont fini par trouver leur public, une des plus belles était cette Boy. Caroline Gabard nous revient, et sa chorale de l’écho reste à géométrie variable puisqu’on ne retrouve que Rachel Langlais et Thomas Van Cottom de façon récurrente, plus quelques invités qui viennent relever les morceaux sans que la cohérence n’en soit affectée.
Comme souvent, la critique tardive aura permis de se repencher sur cet album discret, mais secrètement bourré jusqu’à la gueule d’une émotion qui ne s’impose pas, mais va se chercher et se trouve immanquablement.
Même si ce n’est pas un album dominé par l’électricité, une bonne partie du relief vient de cette présence tellurique d’une guitare sur Last, The Sound ou Why Can’t We. Si vous tendez l’oreille sur cette dernière, le bruissement viendra à vous. C’est en tout cas un de ces moments chargés d’une intensité rentrée, qui fait mouche à chaque fois, et on s’étonne d’ailleurs que ce morceau soit si court tant il condense de l’intensité brute. The Organs a aussi cette petite flamme et une fausse nonchalance qu’une Hope Sandoval aimerait retrouver. On retrouve d’ailleurs sur cette plage l’aide de Vincent Dupas, qui officie sous le même label My Little Cab Records en tant que My Name Is Nobody.
On a pu être tentés d’évoquer Soap & Skin qui nous enchantait à la même époque, mais le chant est ici plus distancié, moins expressionniste. Les mélodies ne sont pas vraiment mises en avant, c’est un accompagnement comme un autre. Sans ce point d’accroche évident, la musique de Boy doit trouver d’autres arguments qui viennent de la musique elle-même. Et avec une mélancolie moins noire, la beauté de cet album est un peu moins immédiate. Impossible Heart plus dans la lignée du premier album et est un des moments marquants de cet album, une des raisons qui feront que vers le mois de décembre, le souvenir de cet album ne sera pas dissipé.
Moins chargé en émotion pure, cet album confirme qu’on tient avec Boy And The Echo Choir un groupe qu’on suivra, comme on suit Lisa Germano, Wovenhand ou Soap & Skin, des artistes pour lesquels on sera toujours prêts à gratter sous la surface, et aller chercher dans la longueur une émotion qu’on sait tapie. Il y a assez de morceaux marquants pour nous forcer à revenir sur cet album, pour nous prouver qu’on avait raison de fondre complètement sur le précédent. Laissez le temps agir, tout cet album finira par se révéler.
http://boyandtheechochoir.bandcamp.com
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