jeudi 21 mars 2013

Madame, faut arrêter madame
Les genres musicaux plus discrets ont vraiment du mal à surmonter le modèle pop. Prenez la musique électronique par exemple. Entre James Murphy qui se fantasme en ‘vrai’ chanteur et s’invente des slows pas terribles pour qu’on cerne bien ses limites vocales à Miss Kittin qui exhibe d’embarrassantes robes en lamé, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Les mythes ont la peau dure et on dirait que certains artistes n’osent pas se poser en opposition au modèle rock’n roll ou variété.
Ce qui est plus étrange, c’est que le phénomène touche un genre aussi balisé et presque confidentiel comme le post-rock. Et à la base, on peut faire entrer les Anglais de Midas Fall dans cette catégorie puisque non contents d’être sur le même label que 65 Days Of Static, ils ont aussi assuré des premières parties de Mono.
On pourrait parler ici de musique fort jolie avec une couche sonore plus complexe. Mais ce qui passe chez Moby (parce que la musique est de Moby) est frustrant ici. La voix d’Elizabeth Heaton est belle mais comme souvent, je ne vois pas toujours l’intérêt d’en ajouter une si la musique est suffisamment forte. Dans le cas présent, elle rend le propos plus mièvre, trop joli et lisse. Le post-rock, je le préfère aphone, c’est maintenant une certitude. Ce n’est pas une position dogmatique liée à l’étiquette, mais j’aurais tellement préféré avoir une version muette de cet album. Ou alors une chanteuse plus intense. Et puis des mélodies plus fortes. Imaginez 65 Days Of Static voulant gagner The Voice, c’est un entrechoquement de mondes qui n’a pas lieu d’être, même si on peut trouver du charme aux deux séparément.
Par exemple, sur Carnival Song, la musique a des variations, des soubresauts que la chanteuse ne reproduit absolument pas. Ce qui gomme l’intérêt. Et quand on sent le potentiel on ne peut que le déplorer plus encore. Il faut que les groupes arrêtent de penser que le manque de voix est un frein. Parce que nous, on préfère les bons albums aux albums trop lisses. Encore une fois, j’admets complètement l’énorme part de subjectivité du ressenti (ce qui est un pléonasme, non ?).
Il est étonnant qu’un style de musique à la fois ancien et de niche comme le krautrock a une vivacité et une variété bien actuelles. Une des incarnations les plus intéressantes était le projet d’Antoine Messager Pasqualini qui de trio redevient solo pour cet album.
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