lundi 1er avril 2013

Il faut approfondir
Les albums ne sont pas toujours ce qu’ils semblent au premier abord. Et il faut toujours résister à la tentation de classer un groupe lors d’une première écoute. A première vue donc, il semble facile de penser que Joan and The Sailors va nous emmener dans les environs de Warpaint. Il y a une voix distincte pour ça, plus quelques entrelacs de guitare aux sons froids. Pourtant, petit à petit la singularité se réveille, quand la sauce prend lentement sur Light Over Innsmouth.
De plus, si la voix de la chanteuse peut sembler le point central, on découvre vite que l’intérêt se trouve ailleurs. Le chant est plus souvent suggéré, et s’approche plus de la déclamation que de la mélodie telle qu’on la conçoit dans la chanson. On pensera notamment à Anne Clark, voire Dominique Van Capellen (Keiki, Baby Fire) pour les plus pointus (ou les plus jeunes). On le voit, ce n’est pas toujours aussi pop que chez les Californiennes de Warpaint, et des passages plus intenses comme Puzzle Of Bees y prennent un relief particulier.
Finalement, ces passages instrumentaux, comme celui de Blue Moon, sont ce qui épaississent cet album, le rendent moins anecdotique et le plus intense. Si la voix occupe souvent les avant-postes, elle n’est pas suffisamment singulière pour se suffire à elle-même. On apprécie aussi les entrelacs du plus musclé Home Storm placé en fin d’album. Power That Bee a lui aussi comme attraction principale un chorus plein de guitare.
Joan change aussi parfois de de langue. L’intention est louable, parce que la musicalité d’une langue n’est pas l’autre. En Guantes Blancos s’en sort pas mal en Espagnol en tous cas. Et puis si les paroles de La Réalité ne sont pas indignes, il semble envisageable que la chanteuse ne les comprenne pas trop. Et les constructions sont étranges. Un peu comme du Vive la Fête au premier degré donc. Mais l’intensité est tout autre, parce que l’arpège de guitare s’accorde bien avec une généreuse couche de violon. On le voit, le mélange de Joan and The Sailors est plus complexe qu’on avait pensé de prime abord. On a souvent raison d’approfondir un album.
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)