Accueil > Critiques > 2013

Marble Sounds - Dear Me, Look Up

mardi 14 mai 2013, par marc


Dans mes bonnes résolutions qui arrivent bien tard cette année, il y a la promesse de suivre à la trace tout ce qui sort de chez Zeal Records. Je ne conçois même pas qu’une sortie du label louvaniste puisse être décevante. Après la découverte de Low Vertical, passons au retour de Marble Sounds. On avait fondu pour l’album précédent, et on s’apprête à le refaire pour celui-ci. Un raccourci pourrait faire passer ce groupe comme le pendant électrique d’Isbells, autre groupe essentiel de Zeal qui partage quelques membres avec la formation du jour.

J’avais tellement apprécié quand ils branchaient l’électricité en concert où on prenait la vraie mesure de ce qu’ils peuvent faire, que le calme relatif de l’album précédent semblait parfois trop présent. On est donc tout contents de retrouver un morceau plus carré d’entrée de jeu. Ils gardent un petit air de Notwist pour cette façon de trousser des chansons plus inoubliables qu’il y parait. La voix très douce est sans doute un autre point commun. Si la voix reste discrète, la musique n’est de moins en moins, ce qui se manifeste surtout lors des fins de morceaux instrumentales (The Silent Song dont le début est impeccablement délicat). L’électricité, la vraie, viendra de Never lost, Never Won. Je me rends compte que je les apprécie aussi en tant que substitut de Gravenhurst dont je regrette encore les zébrures telluriques.

La délicatesse a fait place parfois à un plus anodin mid-tempo. Mais la bonne nouvelle c’est que ça peut donner très bien en concert. On doit attendre The Little Lows pour retrouver une progression d’accords qui peut faire penser à Sophia. D’ailleurs, le très gentil Ship In The Sand est une reprise du groupe de Robin Proper Sheppard. D’une manière générale d’ailleurs, le niveau mélodique est très élevé, ce qui permettra de multiplier les écoutes, d’en apprécier chaque titre. Il y a aussi un petit peu de violon pour les plus attentifs, parce que parfois, c’est simplement tout doux et c’est très bien comme ça (Leave a Light On)

En augmentant un peu le tempo, Marble Sounds se réserve sans doute des moments de bravoure en concert sans perdre sa délicatesse et sa subtilité. Il est grand temps que ce grand groupe méconnu ait la reconnaissance qu’il mérite. Ça ne dépend que de nous.

http://www.marblesounds.com/

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Oootoko - Oootoko

    l y a plusieurs expressions qui attirent immédiatement notre attention. Et big band n’en fait pas vraiment partie. Mais il faut reconnaitre que les effectifs pléthoriques sont aussi une belle façon de susciter l’ampleur. C’est précisément ce qui rend Oootoko immédiatement sympathique.
    Impossible donc de valablement tenter le jeu des étiquettes. Même le terme générique de ’musique instrumentale’ ne (...)

  • Ultra Sunn - US

    Suivre des artistes, découvrir de prometteurs EP et puis écouter leur premier album qui confirme tout le potentiel soupçonné, c’est vraiment un des plaisirs de cet étrange hobby. Et dans les EP qui nous avaient vraiment plu (et pas qu’à nous si on en juge par l’ampleur de leur tournée), le duo bruxellois se plaçait assez haut. Gaelle Souflet et Sam Huge nous reviennent donc US qu’ils ont écrit, (...)

  • Dan San - Suite

    On se doutait bien à l’écoute de l’excellent Grand Salon que l’évolution de Dan San n’était pas temporaire. En clair, ils ont un plan. Rappelons que pour les autres envies, les membres font aussi partie de formations comme The Feather, Pale Grey ou Condore. Donc, quand ils reviennent au camp de base, c’est pour se donner les moyens de converger ensemble vers un style identifiable. La mise en son est (...)

  • Chaton Laveur - Etat Sauvage

    Parfois il faut de la flexibilité mentale pour réconcilier des concepts. D’un côté on a un nom vraiment amusant mais improbable et une goutte d’eau qui poursuit un promeneur. De l’autre une musique qui revendique à juste titre une étiquette kraut-pop.
    Julie Odeurs et Pierre Lechien profitent donc de cette base solide qui permet la fantaisie par ailleurs. Laquelle peut s’exprime à travers des (...)