mardi 11 juin 2013

Kool-Aid Acid Test
En entendant Dogon Genesis en ouverture du dernier album des Lumerians, on pense sans doute à Wire, pour cette combinaison d’une guitare lancinante et d’un chant à la limite de la déclamation, ce n’est pas ce pan-là de la musique moderne qui sera mis à l’honneur.
On aime les groupes à forte personnalité, qui peuvent incorporer beaucoup d’éléments qu’on aime pour les mêler à un style personnel. Lumerians n’est pas loin d’accomplir cette performance parce qu’au-delà de musique de fond pour défonce vintage, il y a des morceaux qu’on aime réécouter. C’est évidemment très influencé par la scène psychédélique des années ‘60. Mais avec un sens dramatique qui rend l’expérience émouvante, pas seulement lysergique (The Bloom). Il faut donc de la délicatesse, de l’écriture et une bonne dose d’implication. On a tout ça ici.
Même l’origine du groupe (San Francisco) est une invitation à relire The Kool-Aid Acid Test de Tom Wolfe, un des premiers reportages sur ces communautés hippies (qui ne s’appelaient d’ailleurs pas comme ça) sur fond de soleil, de liberté et d’expériences légales (on n’avait pas encore interdit le LSD, encore confidentiel). La fin de The Bloom est évidemment trippée mais quand on a comme moi été biberonné d’Ummagumma, il y a un plaisir certain à retrouver cet état d’esprit le temps de Smokies Tangle.
Ce n’est pas le chemin de Katmandou, parce qu’on ne sent pas une nostalgie sous-jacente. Je préfère ceux qui mettent au goà »t du jour de vielles recette à ceux qui estiment que c’était mieux avant. Les auditeurs de Classic 21 ne seront sans doute pas d’accord. Ce n’est pas une analyse musicale rigoureuse, mais quand la rythmique se fait plus présente du de la musique psychédélique, on n’est pas loin du Krautrock (musique tendue pratiquée dans les années ’70 par des formations comme Can, Faust, Neu ou Amon Dà¼à¼l II). C’est exactement ce qui se passe sur Life Without Skin (j’aimerais pas ne pas avoir de peau…) et l’influence tribale qu’on perçoit ça et là vient encore confirmer cette impression.
Le dernier Akron/Family m’a un peu perdu en route, celui-ci m’a accompagné plus longtemps. Il faut le reconnaitre aussi, le spectre balayé ici est plus restreint. Mais le talent de ces Californiens est d’avoir encapsulé le son d’une époque dans des morceaux plus fiévreux que nostalgiques.
à‡a faisait un petit temps qu’on n’avait pas évoqué la personnalité multiple de Fabrizio Modonese Palumbo (seul, avec Enrico Degani ou Almagest ! ou ( r )). Il nous revient avec les assez emblématiques Larsen, trio qu’il forme depuis 1995 et 20 albums avec Marco "il blue" Schiavo et Paolo Dellapiana.
Il faut l’avouer, on ne connait de la formation italienne que deux albums, tous deux (…)
Il était temps que je vous parle de U2. Ah non, ce n’est pas ça... Parce que si oralement on pourrait confondre le nom du projet du jour avec les célèbres Irlandais, ce que vous entendrez ici est radicalement différent. Il y a tout juste un an, on découvrait avec un plaisir certain les Canadiens de You Doo Right. Leur rock instrumental était fort, puissant, poussé par une rythmique assez (…)
Les frontières entre la musique et l’art contemporain sont poreuses et Denis Frajerman a toujours su s’immiscer dans les interstices. Que ce soit en tant que membre de Palo Alto, à la manœuvre des imposantes Variations Volodine ou sur de beauxalbums solo, il a toujours trouvé l’équilibre entre exigence du propos et beauté du résultat. Il sait aussi s’entourer comme on le verra.
Inspiré d’une (…)
La présentation du second album de Saint Sadrill name-droppe James Blake, Mark Hollis, Scott Walker et St Vincent. Ambitieux évidemment, contre-productif peut-être mais on ne peut nier une certaine pertinence là -derrière. Ce qu’on peut en déduire aussi, c’est que si ces climats amples et les surprises font partie de vos plaisirs d’écoute et si aucun des exemples ne vous rebute, vous prendrez (…)