mercredi 15 janvier 2014

Le dernier et le premier
D’accord, c’est en 2012 que le premier album de Wooden Wolf est sorti, mais il a fallu un peu de temps pour le débusquer. Un an et un concert intime mémorable plus tard, revoilà le Français. Donc plutôt que l’incorporer de justesse dans le classement de 2013, voyez-y le premier jalon de 2014.
Rien n’a vraiment changé depuis le premier album et c’est très bien comme ça, il était de toute façon impeccable et on peut s’y référer sans crainte. Palace of Sins reprend les choses où on les avait laissées il y a un an. Une voix et une guitare, ça suffit quand on a le talent pour créer et interpréter les morceaux qui s’en contentent.
Les structures des morceaux restent classiques, parce que quand il les exécute seul elles doivent garder leur attrait. C’est comme ça qu’il les présente parfois sur scène, mais souvent, l’intérêt de l’album est dans cette mise en forme subtile qui les transcende. Le petit violon de Palace of Sin par exemple. Ou Black Velvet avec son piano et son violoncelle magnifique. C’est très lancinant, long, et quand on est pris dans ces filets, impossible d’en sortir.
Plus brouillardeux, plus atmosphérique, ce second opus laisse plus de place au son distordu (Something in the Ground), aux structures sonores. La fin de She Is like A Song utilise un violon pour tempérer cette bataille sonore. C’est plus sombre aussi, Wouldn’t They Be Flying ? se faisant un contrepoint de Can’t Find The Light. Mais il reste des balades relevées de piano, offrant une bienvenue touche de couleur.
Sophia n’est jamais allé aussi loin dans la sécheresse que lui sur Molina’s Blues. Il faut dire aussi que sa référence, ce n’est pas Robyn Propper-Shepard mais plutôt Bonnie Prince Billy et tous ses avatars. Et sur des albums de Palace, on retrouve cette nudité tellement précieuse, cette confrontation en direct avec l’univers intérieur de l’artiste. Et puis ce ton éraillé coupe toute grivoiserie et ajoute un décalage presque humoristique à Only Someone Burning.
Cet album encore plus que le premier réclame de l’auditeur un abandon et une disponibilité supérieure. Il y avait en effet quelques côtés Elliott Smith (entendez plus pop) qu’on ne retrouve plus ici. Ce qui met ses compositions encore plus à nu et souligne s’il en était besoin qu’il sait trouver la petite touche qui sublimera un morceau. Faire découvrir cet artiste précieux devient une de mes missions.
http://thewoodenwolf.bandcamp.com/album/nocturnes-other-songs-op-2
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