lundi 27 janvier 2014

Mouvement en chambre
Peut-on vraiment parler de mouvement pour tous ces artistes discrets qui justement ont fait d’un certain isolement leur contexte créatif favori. Ils développent de petites perles chez eux presque tout seuls et puis les proposent au monde. Ils se produisent sous le nom de Perfume Genius, Porcelain Raft, Youth Lagoon ou Mount Eerie. A cette liste de choses recommandables, on ajoutera Aetherlone.
Un peu plus expérimenté que ses coreligionnaires, le Français Sebastian Mà¼ller Thà¼r est un multi-instrumentiste et ingénieur du son déjà aperçu aux côtés de Boy And The Echo Choir. Il se retrouve d’ailleurs sur l’excellent label My Little Cab Records (My Name Is Nobody).
Ecouter cet album de façon superficielle peut être gratifiant, certes, mais ce n’est pas là qu’on trouvera ses principales qualités. Parce que pour que certains trésors vivent heureux, il faut visiblement qu’ils vivent cachés. Par exemple, la voix est peu spectaculaire, mais qui s’inscrit assez naturellement dans la musique, et dès le premier morceau elle se voit renforcée de chœurs en apesanteur et soutenus par une pulsation que vient perturber une batterie pour monter tout en légèreté.
Parfois cette musique se fait floue, douce et vaporeuse. Mountain Tops,/Avalanches l’arrêté Not A Dance. C’est sans doute moins brilliant mélodiquement, mais si vous avez aimé de jolies choses comme DM Stith, The Light est dans vos cordes. Mais des apports électriques peuvent aussi renvoyer à l’était d’esprit langoureux de Sophia, ce qui est très manifeste sur Fly/Drive quand les éclats de voix se font plus expressif ou encore au détour de Sunshine #2.
Mais ces morceaux savent aussi se faire métastables, perturbant leur propre équilibre. Here & Now nous gratifie ainsi d’une belle nuée électrique. La discrétion de The Unemployed Soulhunter aurait pu figurer sur le premier album de Girls In Hawai. On s’y croirait, il y a même les voix au mégaphone. Les amateurs de ces mélangeurs d’à¢me et de synthétique comme Sébastien Schuller ouLow Vertical apprécieraient également.
Un peu froid et distant d’abord, cet album d’Aetherlone nécessite un peu de persévérance pour se laisser apprivoiser. C’est qu’il n’y a rien de clinquant, de spectaculaire pour en faciliter l’accès. Après quelques écoutes cependant, il y a de grandes chances que vous ayez rendu les armes et que beaucoup de bribes de et album vous poursuivront longtemps. En clair, ceci est un conseil.
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