lundi 24 février 2014, par

Et à la fin...
Gary Lineker a dit un jour « Le football est un sport simple : 22 hommes poursuivent un ballon pendant 90 minutes et à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent ». Is serait évidemment hasardeux d’étendre cette maxime à la musique, mais c’est ce qui m’est venu en tête quand après quelques écoutes circonspectes, le charme de The Notwist a réapparu.
The Notwist semblait avoir trouvé la formule magique sur ses albums précédents (celui-ci est tout de même le huitième album studio), et il faut simplement le temps pour se rendre compte qu’un certain équilibre est encore là.
Plein de sons ploing ploing sur Signals restent tout au long du morceau et semblent plus présents que la progression d’accords qui sous-tend la montée. Cet apport semble artificiel pour la première fois, alors qu’une de leurs forces était justement de mixer le mélange subtilement pour qu’il produise un effet unique, quelque part entre mélancolie et euphorie, dans cette ligne de partage des eaux qui se côtoient sans se contaminer. Close To The Glass est ainsi pris entre deux eaux, entre quelque chose de bien délicat et du plus fort (à la The Knife). Pour le coup, le mélange prend mais on a aussi l’impression de passer à côté de quelque chose de plus puissant. Ou pas, puisqu’on retrouve aussi leur façon tellement particulière de ne jamais trop en faire.
Il faut attendre Kong pour que cet aspect gadget se dissipe. Il y a même du violon à cordes dessus, vers la fin. Close To The Glass est donc un peu lent au démarrage, sans doute pour que le reste puisse percoler sans peine. Lineri qui tente de faire monter le son en neige sans faire appel au chant. C’est culotté et plutôt réussi, même si la fin parait longuette. Mais le style des Allemands est aussi de pouvoir incorporer au besoin d’autres genres à leur mélange. Par exempke, du rock lysergique à la My Bloody Valentine en moins gloubiboulga sonore (Seven Hour Drive)
Et puis il y a ces petits morceaux de moins de deux minutes qui frappent fort et juste, droit au cœur (Steppin’ In), et ils restent souvent pop et accessibles et charmants (Casino). Il faut cependant attendre la fin de Run Run Run pour retrouver en un seul morceau toutes leurs composantes en une seule pièce, suscitant émotion et intensité.
Quelques autres formations vraiment intéressantes dans cette branche sont venus enchanter nos oreilles ces dernières années (Low Vertical, Marble Sounds, Throw Me The Statue par exemple) mais on est contents de voir ceux qui sont à l’origine de notre engouement reprendre la main. Close To The Glass est un album forcément attachant, forcément réussi, mais on se rend compte aussi à quel point le charme de The Notwist est fragile, à quel point leurs mélanges sont métastables. Les premières écoutes, il faut bien le dire, se sont révélées décevantes. Le début d’album, surtout, apparait comme déséquilibré. Et puis au fil des écoutes, on redécouvre pourquoi on avait tant apprécié de groupe singulier.
Difficile de concevoir une carrière parallèle aussi éloignée de son groupe de base que celle de Louis Jucker en marge des saignants Coilguns. On n’avait pas appréhendé cet écart au moment de relater Suitcase Suite et le croiser plus tard derrière l’album d’Elie Zoé. Mais on en prend toute la mesure avec cet étrange objet.
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