Accueil > Musique > 2014 > Operators - EP1

Operators - EP1

samedi 11 octobre 2014, par Marc


Le plus dingue dans Wolf Parade, c’est que cette formation a compté au moins deux artistes sur-productifs. On vous a longuement parlé de Spencer Krug, attardons-nous aujourd’hui sur le cas de son ancien comparse Dan Boeckner, qu’on a retrouvé avec les Handsome Furs ou encore avec Britt Daniels de Spoon au sein des recommandables Divine Fits.

Les échos des concerts et le fait qu’ils reprennent quelques titres emblématiques des débuts de Wolf Parade nous ont un peu induits en erreur. Operators, ce n’est pas animal et brut, c’est plutôt du solide et du bien fini. On ne va pas essayer de vous faire croire cependant que cet EP surprenant de la part de Boeckner. On se surprend même à se lancer dans un jeu des sept erreurs par rapport aux Handsome Furs (pour rappel, le duo formé de Dan Boeckner et de son ex-femme Alexei Perry) mais tout semble plus carré. On ressent moins l’urgence de Face Control mais ce n’est pas non plus le calme plat de Sound Kapital.

On ne sait pas trop qui il côtoie ici, et on le sent pour la première fois tout seul aux commandes, lui qui n’aime rien tant que se confronter à d’autres personnalités. Le résultat est étonnamment plus carré, électronique. Moins de fièvre donc, mais pas d’atermoiements non plus. Start Again pourrait être le single catchy qui manque parfois à ce genre de groupe pour quitter la zone grise de l’indie pur et dur. Un petit remix pour définitivement vendre tout ça ? Ces cinq titres arrivent malgré tout à montrer plusieurs possibilités, du plus lent et pernicieux Book of Love au plus costaud Ancient en passant par un Cruel plus plat mais qu’une guitare arrive à secouer.

Il semble que Spencer Krug ait trouvé une formule qui lui convient bien avec son piano droit. Boeckner, de son côté, affine encore son amour du beat tout en restant un chanteur à forte personnalité. Décidément, on est de plus en plus curieux de voir ce qu’ils pourraient encore produire ensemble. Quoiqu’il en soit, ils ont chacun de leur côté sorti des EPs bien prometteurs et on attend de pied ferme un premier LP pour ces Operators.

http://operators.store-08.com/new/
http://wolfparade.nonstuff.com/

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Metric – Fromentera

    Il est troublant de noter le retour de Metric quelques semaines après celui de Stars. On associe mentalement les deux groupes de Toronto parce qu’ils sont contemporains, que les chanteuses ont toutes deux participé à des albums de Broken Social Scene et surtout parce qu’ils ne nous ont jamais vraiment déçus.
    On sait tout de suite qu’on ne le sera pas cette fois-ci non plus grâce à Doomscroller. Leur caractéristique, c’est la tension de toute façon et elle est bien là. Ajouter des beats sans tomber (...)

  • Spencer Krug - Twenty Twenty Twenty Twenty One

    Même s’il y a eu quelques années fastes, même Jean-Louis Murat ne se montre pas aussi productif que Spender Krug. Lui qu’on a croisé avec Wolf Parade, Sunset Rubdown, Swan Lake et Moonface avec ou sans Siinai officie depuis l’an passé aussi sous son propre nom. Fading Graffiti n’avait pas laissé un souvenir impérissable. Mais connaissant le bonhomme, on savait qu’il ne faudrait pas attendre longtemps pour qu’il nous revienne en meilleure forme. Et disons-le d’emblée, c’est le cas ici
    Sans doute que le (...)

  • Stars – From Capelton Hill

    On a toujours eu besoin de Stars. Que ce soit conscient ou non. Ce n’est pas un appel impérieux, non, mais chaque livraison nous fait replonger. Issus de la grande vague canadienne du début du millénaire, ils s’en distinguaient un peu en tempérant l’indie héroïque du temps par une pop rêveuse mais toujours directe.
    C’est quand ils chantent tous les deux qu’on a leurs moments les plus caractéristiques. Et on aime cette douceur, cette mélancolie qui enveloppe Back To The End, la très belle mélodie de (...)

  • Arcade Fire - WE

    On ne va pas refaire inlassablement le match mais il faut quand même rappeler que la suite des trois premiers albums qui se sont imposés comme des classiques a vu le super-groupe de Montréal produire un album copieux et inégal qui comportait ses fulgurances puis un exercice plus cohérent mais qui restera comme un point noir de leur discographie. Peu de morceaux surnagent d’Everything Now et la très Abba-esque plage titulaire est quand même loin des standards de ce qu’on a aimé chez eux. Ils (...)