mercredi 15 octobre 2014

Certains chanteurs sont un peu plus que des chanteurs. Et ce n’est pas toujours une bonne chose parce que la musique de David Thomas Broughton mêlés à un sens du spectacle un peu personnel rend ses prestations scéniques un brin horripilantes. Mais bon, une reprise par Shearwater du très beau Ambiguity nous a ramenés à des sentiments meilleurs. Et tant mieux, parce qu’il aurait été dommage de passer à côté de cette collaboration avec le trio vocal Juice Emsemble.
Tout seule, la voix la voix est belle, un rien maniérée, assez proche d’un Piers Faccini pour fixer les idées. Le renfort du trio, l’urgence d’un enregistrement visiblement très court, tout contribue à faire de cet album un happening assez prenant.
Parce que si certains artistes se sont fait une spécialité d’appuyer fortement leur décalage (Camille, Bjà¶rk, liste non exhaustive), on sent que l’état d’esprit de Broughton est assez perturbé. Le résultat n’est pas un psychédélisme débridé et lysergique, mais un ton inquiétant, comme si on sentait un petit malaise, un danger presque.
Les voix du Juice Ensemble, à ce titre, interviennent de façon assez pertinente. Ces quatre-là se comprennent visiblement. Et elles peuvent jouer sur plusieurs registres, apporter plusieurs éclairages à ces morceaux. The Assurance a de belles mélodies, une belle voix, des harmonies répétitives. Mais on sent poindre une rupture potentielle. Mais ils peuvent aussi se lancer dans un exercice a capella très pastoral (Woodwork) ou encore proposer un morceau où ils s’accordent dans le même sens et qui en devient une vraie belle réussite (The Promise).
‘Il est fou ou il fait le fou ?’ était un gimmick de la BD Germain et Nous et je dois bien avouer que la question m’a un peu taraudé pour David Thomas Broughton. Mais ce qui compte dans ce cas, c’est le résultat et ce que le Juice Ensemble et lui arrivent à faire ensemble donne une touche de liberté et d’instabilité à la douceur de leurs voix.
http://www.davidthomasbroughton.co.uk/news/
http://www.juicevocalensemble.net/site/
On ne maintient pas ce genre de classement, mais il est clair que certains artistes ont toujours eu la cote et ont empilé les étoiles ici. Ce huitième album (c’est le ’Op.8 dans le titre) de The Wooden Wolf ne va pas refroidir notre enthousiasme à son égard comme on va le voir.
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