lundi 10 novembre 2014

Suivre les bons labels est évidemment une façon fiable de faire des découvertes. Le Bordelais Talitres fait évidemment partie des pourvoyeurs fiables et on peut encore une fois les féliciter d’avoir eu du flair avec cette découverte.
L’Intro de cet album est excellente mais finalement ne peut servir que de contrepied puisqu’elle est instrumentale et qu’il faut attendre le second morceau pour qu’intervienne une des grandes sources d’intérêt de ce groupe : la voix magnifique qui renvoie souvent à Matt Berninger de The National (voire Leonard Cohen ou Johnny Cash si vos goà »ts se portent sur des choses plus vénérables). Vous vous rappelez quand le groupe pouvait sortir un Daughter Of The Soho Riots ? C’en est troublant sur certains morceaux puisque même le débit vocal semble identique (la même façon de laisser des espaces sur Rich Man). Mais qu’importe, on adhère tout de suite, on sait qu’on va faire un gros bout de chemin avec eux. Ou, plus précisément, avec lui, donc même le nom nous est inconnu, Français installé à Londres depuis 15 ans (non, il n’a pas d’accent frenchie et c’est très bien comme ça) qui visiblement se demande s’il va se lancer dans le cirque de l’industrie musicale.
On espère qu’il va le faire, parce qu’on a tellement de choses ici qu’on souhaiterait retrouver sur d’autres albums ou sur scène. On aimerait retrouver cette électricité, ou alors ces morceaux dont la limpide simplicité en fait des classiques instantanés (Come On Then). Un peu de support vocal (sa propre voix en fait) vers la fin et c’est presque tout. En trois morceaux, on a déjà balayé un large spectre, ce qui d’emblée gomme les références trop évidentes pour la voix
Il y a de l’électricité dès Save No One, seul le son de batterie semble un peu trop mécanique, contrastant avec la chaleur du reste, notamment des chœurs. Il faut savoir que quelques-unes des tritouillages ont été faits sur… Playstation. Et c’est ce qui est le plus dément, c’est que non seulement on apprécie tout de suite, mais on se dit instantanément que ces morceaux, que cet artiste en a encore sous la pédale, que la forme définitive n’est sans doute pas atteinte encore. Les guitares sont plus acérées mais n’ont pas la complexité de The National (oui, on y revient).
On sent en effet un amour du bricolage, d’une certaine bidouille du côté de Thou Shall Be Broken. Les sons ne sont pas organiques (voire carrément électroniques sur In Between Tricks The Magician Bows), contrastant avec la chaleur de la voix. La voix à part, Above And Beneath Your Feet m’a fait penser à The Legendary Pink Dots et ce genre de comparaison peut vous faire comprendre que tout n’est pas limpide. Mais c’est l’exception.
Et puis il y a surtout de grands et beaux morceaux. The Letting Go est un grand morceau que vous allez garder avec vous. Un arpège, des violons en renfort sur la fin et puis cette voix qui répète It’s the letting/that’s hard you know. Oui, vous pourrez être hanté par ces belles choses qui ne laissent jamais la morosité prendre le pas sur l’émotion (Sad Sometimes).
Les nombreuses allusions ne devraient pas laisser de place à la tergiversation. Si vous venez ici en connaissance de cause, The Callstore a sa place chez vous comme il l’a trouvé chez moi.
http://www.talitres.com/fr/?lang=fr
http://www.deezer.com/album/8532845
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