jeudi 1er octobre 2015, par

On peut encore découvrir des formations très proches géographiquement. Il a fallu attendre cette année 2015 pour que j’entende parler du duo bruxellois Patton (via un distributeur basé en Italie encore bien). Et c’est d’autant plus étrange que ce que font les frères Sam et Max Bodson a vraiment des arguments pour plaire.
Parlons tout d’abord de l’album C, leur troisième. Ce qu’on y entend peut dérouter de prime abord, parce que leur musique est sinueuse, métastable, poussée par une intranquillité qui les pousse dans des directions différentes. Mais pas toutes les directions à la fois, c’est toute la différence. Certains artistes comme Kevin Barnes (Of Montreal) a pu nous perdre par le passé en nous semant dans les bois.
Ici, le duo nous entraine avec eux dans ce qu’on peut facilement assimiler à un voyage. On ne s’étonne donc pas de retrouver quelques allusions champêtres dans les titres. C’est d’ailleurs quand ils se laissent flâner que cet album est le plus attachant. On retrouve la veine ludique de Battles sur La Plaine et on apprécie la pause dans les herbes de Sheeps, Cows You, I.
Parce que oui, le reste de l’album peut prendre du temps à décanter, à dévoiler ses charmes. Seule réticence pour moi au tout début, la présence de voix. Qui sont la plupart du temps utilisées comme composante organique d’un morceau, pas comme point d’attention central, pouvaient sembler presque inutiles. Surtout quand le chant suit des mélodies plus arides que le morceau qui l’encapsule comme Appolo où la combinaison entre ces arpèges et cette basse solide peut se suffire à elle-même. Mais cette appréhension se dissipe en deux temps.
Tout d’abord quand l’album doucement percole et qu’on devine l’arc qui le sous-tend, utilisant le math-rock comme une base ludique et solide (très bon rythme pneumatique de Mauve = Blanc) ou un art-rock plus louvoyant comme celui des Dirty Projectors.
Et puis il y a la scène. Cette musique gagne beaucoup à se découvrir en direct. J’ai eu cette chance lors d’un concert à la Maison des Musiques de Bruxelles. Là, le duo est appliqué, et on prend du plaisir à voir les couches se créer. Peu de boucles au final, mais un engagement physique total. Pas d’éruption comme chez Health, mais une utilisation de tout ce que la psychomotricité permet pour transformer le mouvement en son. Le batteur Sam chante aussi et arrive à inclure du clavier dans ses mouvements de batterie. La basse est effectuée au pied par Max le chanteur/guitariste qui utilise aussi un clavier. Ils sont évidemment bien concentrés mais cette complexité ne semble pas les perturber et ça ne nuit jamais à la fluidité.
Les morceaux ne sont jamais longs, les gimmicks ne sont jamais trop étirés, ils arrivent donc à livrer un concert compact qui ne lâchera jamais son auditoire (des habitués, proches et passionnés visiblement). On l’a déjà constaté pour le post-rock plus ‘classique’, on le confirme pour cette musique plus aventureuse, la mise en place fait partie de la musique. De même que les cuisines ouvertes de certains restaurants fascinent, voir cette paire à l’œuvre est un plaisir à partager.
L’intégralité des images est ici
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