lundi 8 février 2016

Et si le métissage était la meilleure façon de créer une musique nouvelle ? Cette idée n’est pas révolutionnaire, certes mais trouve une incarnation frappante dans la musique de Stranded Horse. Le groupe du Français Yann Tambour est en effet une musique de croisement, de pollinisation réciproque qui trouve sur ce troisième album une vraie force cohérente.
Le résultat est étrangement éloigné de ce qu’on pourrait entendre sur un disque ‘world’ pourtant cet album itinérant dont la genèse passe de Nantes à Paris en passant par Dakar. Ce n’est pas exactement un raccourci si vous avez quelques notions de géographie, mais la rivière musicale s’est chargée de nombreux alluvions plus qu’intéressants.
La plus belle réussite de cet album, c’est l’équilibre entre une composition pas toujours éloignée d’un folk classique et l’utilisation d’instruments plus africains comme la kora qu’il pratique (et façonne, aussi !) avec le très doué Boubacar Cissokho. Mais l’usage de ces instruments n’est pas un artifice, puisqu’elle mène parfois les débats, débouchant sur des moments de pure virtuosité (Dakar).
Il y a aussi sur A Faint Light, cette transe légère, cette fausse froideur tempérée par des instruments qui suintent le soleil. Il se dégage une belle densité de cette intrication de cordes et on se rappelle que sur le même label Talitres figure un certain Will Stratton dont on retrouve la douceur (le violoncelle de Refondre les hémisphères) et la compétence technique.
Luxe mêle des morceaux en français et en anglais, pour un effet assez différent et je dois bien avouer qu’à titre personnel, je préfère la seconde langue, notamment parce que la voix placide se mêle fort bien à la litanie musicale de My Name Is Carnival ou que ça se prête aussi fort bien à un ton plus pop (Ode To Scabies). Le charme y opère donc mieux que sur ceux qui tiennent plus de la chanson français (A Qui Dois-Tu Montrer Les Dents ?).
Les mélanges marchent mieux quand ils ne sont pas une simple apposition d’idées mais une fusion de personnalités. Stranded Horse réussit donc ça, une forme finalement unique à base d’ingrédients connus, une invitation au voyage et à la découverte de l’autre.
Le premier album de Mathis Agenkin est une belle illustration de ses racines françaises et turques, de sa solide formation de pianiste et d’envies éclectiques. C’est comme ça qu’une des tendances de ce Passage des Fleurs est le piano solo.
Solo mais pas dépouillé, avec quelques nappes pour encore en déployer la délicatesse. Et il est bien joli ce Where The Birds Are. Ce piano sert aussi de (…)
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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L’indie est une organisation souvent en marge, une éthique mais aussi une esthétique. Laquelle a sensiblement évolué pour ne plus être distinguable du mainstream. Mais ça n’a pas été toujours le cas et certains vétérans viennent nous le rappeler.
Le dernier album en date des Allemands de The Notwist avait plu faute de laisser un souvenir tenace. Gageons que les choses seront différentes ici (…)