mardi 19 avril 2016

Confirmer des espoirs est une chose bien compliquée. Alors, quand on a déjà livré un premier EP et un album solides, il faut déjà se remettre en question. Après quelques projets latéraux (Thomas Médard chez The Feather, Maxime Lhussier avec Pale Grey, Jérôme Magnée avec Gaëtan Streel), le retour des Liégeois a donc décidé d’opérer une évolution sensible.
On attendait un retour plus pop de leur part puisque les singles livrés en éclaireurs comme America ne laissaient planer aucun doute. Cependant, dans le contexte de l’album, ce morceau semble bien plus pop et léger que le reste, avec ses arpèges aériens et ses cloches. Dream pourrait quant à lui se retrouver sur les Piqà »res d’Araignée de Vincent Delerm. Enfin, musicalement parce qu’un de leurs points forts reste les harmonies vocales. Ce morceaux carte de visite sont donc ceux qui sont le plus en contrepoint à leur ancienne façon plus dense.
Comme ce Shelter est plus léger, il prend plus de temps à distiller ses qualités, séduisant au final par sa délicatesse et sa maturité. Certes, il faut s’habituer à cette nouvelle douceur parce que ce qu’on aimait aussi chez eux, c’est la force tranquille qui les tenait pas si éloignés de formations comme Midlake. Tant qu’on en est dans les comparaisons, le plaisir d’écoute est plus proche de celui d’une formation comme Musée Mecanique. A savoir une belle ampleur qui ne se dévoile qu’après plusieurs écoutes pour ne plus là¢cher ensuite.
Ce relatif revirement est en tous cas une volonté dès le départ, pas une conséquence ou un dommage collatéral. Sans doute faut-il y voir la marque du producteur Yann Arnaud (Air, Phoenix, Syd Matters...) qui a accompagné cette gestation. Avec une envie de tracer sa propre route, d’employer des synthés analogiques et de donner plus de lisibilité aux morceaux en détachant plus clairement les portions chantées à une seule voix des chœurs. Cet aspect est très réussi, surtout qu’ils peuvent compter sur plusieurs vocalistes de talent. Ocean propose quelques soubresauts que viennent tout de suite tempérer des chœurs culottés.
Les voix restent donc un point fort, ce qui est un avantage certain par rapport à , disons, Girls In Hawa௠pour rester en Belgique. Nautilus I un peu enlevé mais toujours délicat. Nautilus II montre qu’ils n’ont pas besoin de chant pour décoller, directement et à la verticale, vers des nuages tout contents de les accueillir. C’est un morceau indispensable pour prouver leur maitrise. Si on appose les deux morceaux, on obtient la pièce de résistance de cet album, combinant leur nouvelle légèreté et leur densité habituelle. Seahorse garde ce côté aérien qu’on avait retrouvé avec plaisir sur l’album solo de Thomas Médard en tant que The Feather et Up repart presque avec cuivres et c’est vraiment enthousiasmant, montrant qu’ils n’ont pas tourné le dos à ce qu’ils ont si bien fait.
Plus pop, plus léger mais pas moins ample, Dan San trace de plus en plus son chemin en direction des symphonies de poche. A l’aveugle, on pourrait sans doute plus facilement situer la formation comme provenant de Portland, Oregon que de la Cité Ardente. C’est un compliment pour la formation Jaune Orange qu’on fait là parce que la maîtrise est totale et devrait élargir encore leur notoriété.
http://www.dansan.be/
http://www.deezer.com/album/12276252
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