Accueil > Musique > 2005 > Nick Cave & The Bad Seeds : B Sides & Rarities

Nick Cave & The Bad Seeds : B Sides & Rarities

dimanche 13 août 2006, par Marc


Après un retour studio qui annonçait un retour en forme, voilà un triple CD regroupant tout ce qu’il existe en raretés, faces B et autres inédits. Cet exercice réclame une certaine carrière derrière soi (c’est bien le cas) et un univers suffisamment vaste pour imposer 56 titres sans lasser. Car finalement, Nick Cave est toujours là, indifférent aux modes, traçant son chemin très personnel et évoluant. On ne soulignera jamais assez l’importance des fidèles Bad Seeds, qui ont toujours su imposer une intensité à tout ce qu’ils font. Sans compter que certains d’entre eux ont fait de fort jolies choses en solo (les musiques de film et reprises de Gainsbourg de Mick Harvey) ou collectivement (Blixa Bargeld et ses légendaires Einstürzende neubauten)

Détailler tout par le menu serait fastidieux mais voici ce qu’il vous attend au détour des trois plaques.

Sur le premier CD, on rattrape le début de carrière de Nick Cave est plutôt difficile à écouter pour qui l’aborde frontalement (que dire alors des délires soniques de The Birthday party...) mais ici ce sont des versions acoustiques qui sont proposées. Et un traitement apaisé de Mercy seat, City of refuge ou The moon is in the gutter montre à quel point ce sont des morceaux qui peuvent tout se permettre, y compris perdre leur fureur. Ce premier Cd est aussi le plus dense et surprenant (la reprise presque sans orchestration mais néanmoins sauvage de Black Betty de Ram Jam). En effet, tous les titres présents ou presque méritent la mention. Mais je m’en voudrais de ne pas signaler The girl at the bottom of my glass et sa guitare acoustique déchaînée qui résume à elle seule le style Nick Cave and the bad seeds et The train song qui prouve que même les chansons lentes étaient plus réussies avant.

Le second album regorge aussi de fort bons moments. Par exemple le duo avec Shane Mac Gowan reprenant What a wonderful world, la reprise des mêmes Pogues de A rainy night in Soho qui semble taillée sur mesure. Certains titres acoustiques ne font jamais feu de camp chez Nick Cave (Jack the ripper garde toute sa force) et les chansons de pub poussent vraiment à la consommation (There’s no night out in the jail). En prime, il y a l’hilarant (tout est relatif...) Where the wild roses grow avec Blixa Bargeld en lieu et place de Kylie Minogue.

Un regret cependant : le troisième regroupe sa période récente, celle de crooner crépusculaire et est assez en retrait par rapport aux deux autres.
Bien meilleure que tout ce qu’il a fait ces dix dernières années, cette compilation s’impose comme une composante majeure de la discographie de l’Australien tourmenté et non comme une collection de reliques pour fans ultimes. (M.)

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Sharon Van Etten - We’ve Been Going About This All Wrong

    On associe depuis toujours Sharon Van Etten à Shearwater. Outre un copinage qui les a vus partager la scène le temps d’une tournée et de quelques morceaux, il y a cette pureté, cette émotion affleurante qui émeut sans autre forme de procès. C’est un don que certains artistes ont. S’ils parlent tous peu ou prou d’eux-mêmes, certains semblent parler à chaque auditeur en particulier.
    Mais si Jonathan Meiburg a ce chant qui touche à la perfection, il y a ici une fêlure plus qu’humaine. Un peu de fausseté (...)

  • Dekker – I Won’t Be Your Foe

    On a une tendresse particulière pour ceux qui partent d’une matrice folk pour en faire quelque chose d’un peu différent, mine de rien. Parmi ceux-ci on comptait le duo Rue Royale dont un des membres revient en solo sous le nom de Dekker.
    Il s’en dégage un aspect cool et actuel qui plait immédiatement. Il profite notamment d’une haute tenue mélodique (Small Wins). Sa voix immédiatement sympathique, même en mode falsetto (Do It All Again). Et quand le tempo se fait plus soutenu, on entend un morceau (...)

  • Gabriiel – Treasure in The Garden

    Les artistes français pratiquant avec talent des genres folk et dérivés font partie des amis de nos oreilles. On avait déjà ajouté Gabriiel à Raoul Vignal ou The Wooden Wolf à la liste sur foi d’un prometteur premier EP. Evidemment, on est restés aux aguets pour le premier album et on n’a pas eu tort.
    La plage titulaire montre déjà une belle palette, avec ces cordes majestueuses et graves, de belles harmonies avec la choriste qu’on retrouvera tout au long de l’album et une sensation d’ampleur et la (...)

  • Barzin - Voyeurs in The Dark

    Si les rencontres avec Barzin sont plutôt espacées, les retrouvailles ont toujours été faciles. Il s’est en effet passé 8 ans depuis son dernier album. Le chanteur canadien a en tous cas mis à profit cet intervalle pour faire évoluer son univers.
    On ne retrouve donc plus vraiment d’arpèges acoustiques. Exit donc les ressemblances autrefois flagrantes avec Spain, remplacées par une légèreté de tous les instants qui est à la fois la force et la potentielle réticence. Force parce qu’on n’a plus (...)

  • Get Well Soon - Amen

    Avec 17 ans de bons et loyaux services, ce site a forcément vécu bien des découvertes d’artistes à leurs débuts. Certains ont filé à travers les filets lâches de la mémoire, d’autres sont restés vissés en permanence dans le champ des radars. Evidemment le groupe allemand Get Well Soon fait résolument partie de la seconde catégorie. On a suivi de très près leur évolution, concert après album. On sait aussi que si ce sont d’excellents musiciens (sept au dernier comptage), Get Well Soon est surtout le projet de (...)

  • Lana Del Rey - Blue Banisters

    Les albums de Lana del Rey se succèdent à une telle vitesse qu’il n’est plus vraiment nécessaire de replanter le décor. Il ne s’est écoulé que sept mois depuis le précédent. Ce rythme de publication permet d’essayer des choses. Evidemment, le risque de dispersion est réel mais on ne doit rien déplorer dans ce secteur non plus. Notons aussi qu’un bon tiers de ces morceaux ont été composés il y a quelques années.
    Cette fois-ci elle s’est non seulement libérée des concerts qui ne sont pas son mode (...)

  • PLEINE LVNE - Heavy Heart

    Faut-il remplacer les artistes, leur trouver à tout prix des substituts ? Non évidemment, ce serait négliger leur singularité. Pourtant, on peut trouver dans une découverte le prolongement de ce qu’on a autrefois aimé ailleurs. Ne tournons pas inutilement autour du pot, le Lyonnais Nicolas Gasparotto nous ramène immédiatement auprès du regretté Nick Talbot (Gravenhurst) et il va de soi que c’est une proximité qui fait plaisir. C’est est presque troublant.
    Que la guitare soit seule (Foudre) ou (...)

  • Low Roar - Maybe Tomorrow

    Le plaisir de la découverte est une chose, celui des retrouvailles régulières en est une autre, tout aussi délectable. En dix ans, cinq albums et autant de retours, Ryan Karazija nous a toujours convié chez lui, dans une ambiance intime mais jamais fragile.
    On aime en effet le spectaculaire quand il ne semble être qu’un produit dérivé, pas l’objet d’une attention forcée. Et spectaculaire, David l’est indéniablement. Cette façon permet de se laisser surprendre par les lents soubresauts de Hummingbird (...)