lundi 12 septembre 2016

Ce ne sont pas toujours les installations les plus sophistiquées qui produisent le meilleur son, mais on peut au moins reconnaitre au projet KHOMPA de l’Italien Davide Compagnoni de tenter des choses. La base, on l’entend bien vite, est un ensemble composé d’une batterie conventionnelle mais qui sert aussi de commande pour des synthés et des séquenceurs.
Le résultat est logiquement une sorte de post-rock très porté sur la pulsation. Le rythme est souvent très élevé, voire hystérique par moments. On se dit que ça va se calmer un moment donné, mais non, c’est tout le contraire qui arrive… Mais ce n’est pas non plus systématique ou monotone puisqu’il ajoute un synthé lancinant sur Louder, qu’il fait repartir The Shape et ajoute des voix en anglais et en japonais (celle de Taigen Kawabe).
Dans le genre, on se souvient de l’album des Liars orienté sur la batterie quand leurs moments moins excités se rapprochent plus de Holy Fuck dont on vous parlait récemment. Il y a aussi des moments plus abstraits sur Wrong Time Wrong Place qui boucle cet énergique EP par une note plus expérimentale et moins séminale. Cet EP sort d’ailleurs sur Monotreme, qui abrite aussi 65 Days of Static, This Will Destroy You, Sleepmakeswaves ou Niagara. Une belle lignée pour cette production barrée et énergique.
On ne va pas se mentir, on ne connait presque pas la scène indé italienne. Et ce ne sont pas les sporadiques découvertes qui vont changer ça. Ceci dit, on a déjà trouvé son bonheur musical par là -bas (Niagara, Foxhound…) et peut ajouter Roncea dont on ne connait finalement pas grand’chose. A part que le chanteur qui s’est associé à The Money Tree a eu l’occasion d’ouvrir la scène pour des formations comme The National, The Coral ou Arctic Monkeys.
Sans doute par coincidence, c’est à la formation de base d’Alex Turner qu’on pense dns une version light mais plaisante sur Weak. Ils nous sortent donc un album pop à guitares, ce qui est plaisant de temps à autres, mais nécessite de bons morceaux. Et il y en a comme Find Me qui lance les hostilités de belle façon, avec quelques petits riffs discrets pour appuyer le tout.
Pour le reste, la voix fait aussi un peu penser à Eliott Smith (Under My Skin, Another Word) et ce genre de balade en mode volontairement mineur (Love Is Bad). Ce qui les rend aussi assez convaincants en pure balade (A Place to Stay) et fait de cet EP une œuvre attachante parce que hors du temps et des modes, seulement soucieuse de nous donner quelques moments de calme et de douceur relevée.
Les détails biographiques doivent peu importer en musique, il faut que le son prime. On sait juste de ce groupe qu’il s’agit d’un collectif variable de musiciens européens et américains regroupés autour du chanteur Patrick Kindlon.
On présente ça comme du post-punk mais à l’entame de cet EP de quatre titres, Les guitares renvoient plutôt vers des choses comme Les Savy Fav ou The Hold Steady, de bien chouettes choses énervées. Sur All The Same Time, la voix monte un peu et se met en danger et est encore plus proche des deux références susnommées.
On est plus proche de la définition originelle avec le groove vénéneux de It Isn’t Very Clear, Is It ? Mais s’il fallait avoir une bonne raison d’aborder ce quatre-titres, c’est le morceau de bravoure est gardé pour la fin. Brittany Murphy in 8 Miles passe donc la surmultipliée, se terminant par un long chorus intense, trois minutes de gros son et de tension qui déboule et enfonce sans effort les comparaisons qu’on pensait flatteuses. De quoi donner du coffre à un petit EP bien compact et prometteur.
Il y a des artistes, comme ça, qui ne nous ont jamais déçus, à propos desquels on n’a jamais dû tempérer l’enthousiasme. Le Norvégien Einar Stray fait indéniablement partie de ce contingent. Cet attachement qui s’est manifesté pour Einar Stray Orchestra ou Mildfire avait commencé en 2011 et cet incroyable Chiaroscuro. On a réécouté l’album pour l’occasion et c’est toujours un grand plaisir. Le (…)
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