vendredi 18 novembre 2016, par

Il est toujours plaisant de voir des groupes évoluer, gagner en notoriété et s’émanciper de ses propres règles. Il y a déjà six ans qu’on a découvert Joy As a Toy et son univers un peu barré et on avait entendu reparler d’eux pour leur relecture particulière de BO de films d’épouvante. Leur retour (sur le label Humpty Dumpty) les voit grandir d’un coup et ils risquent par la même occasion.
Certes, leur nom bien trouvé leur colle toujours à la peau, la morosité n’étant pas leur fonds de commerce mais cette pop ludique et complexe à la fois (on a déjà parlé de math-pop, on peut ressortir l’étiquette) se montre plus ambitieuse. Cet art rock a réussi à mettre un peu d’eau dans son vin sans le frelater.
On le sent dès l’instrumental d’introduction, ce cinématique Ghost Train et son orgue vintage qui délire sur un fond pas si moite que ça. C’est le morceau qui fait clairement le lien avec l’album précédent, montrant que les ponts ne sont pas coupés, qu’il s’agit d’une évolution. Ce n’est vraiment pas dans nos contrées que les références et autres rapprochements se trouveront. On pense à Menomenasur Cowboy Mode, notamment pour la rythmique complexe mais qui reste discrète et le clavier joué à une main. C’est en l’occurrence indéniablement. Autre rapprochement facile, les délires de Yeasayerne sont pas loin d’ Hipsters of the Apocalypse.
Mais ce ne sont que deux exemples, l’éclectisme de bon aloi est toujours de la partie. On retrouve ainsi du garage psyché (Google a Gun) et des choses plus acoustiques, chœurs, mélodie et violons en avant (Satisfaction Key). Le collage est réussi, prenant parfois le temps de temporiser pour mieux repartir (Madhouse).
Bien franchement, même si on avait apprécié le premier album, on ne s’attendait pas à une progression pareille. Sans se renier puisque la pop complexe est toujours leur terrain de jeu mais en sachant se faire plus accrocheurs plus souvent, ils montrent qu’il ne faut pas venir de Portland pour avoir le niveau international.
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