jeudi 12 janvier 2017

Il y a longtemps, très longtemps, le microcosme du Rock Wallon brillait par sa discrétion, par son manque de reconnaissance, un peu à cause de sa quête identitaire, c’est vrai, mais c’était malgré tout profondément injuste.
Somme toute, les talents étaient là alors que l’intérêt des masses francophiles l’était moins…. Question de timing sans doute… Quoiqu’il en soit, c’est dingue comme l’aura satanique et subversive du Rock suscitait la frayeur chez les honnêtes gens des temps jadis.
De nos jours, les choses sont un tantinet différentes, que voulez-vous, les temps changent… Ce qui n’empêche pas Alain Pire de gratter encore inlassablement ses Gibson … Parce qu’il en a fait, des choses, notre Alain… Batteur dès 1968, guitariste ensuite pour des gens comme Jo Lemaire, Les révérends du Prince Albert, Such A Noise, Abbey Road, Huy ! …, auteur aussi, à l’occasion, notamment d’un bouquin magistral traitant du Rock psychédélique anglais…, on finirait par songer à le mettre sous Rilatine tant il est hyperactif.
Et si le premier album d’APEx (Cambridge , 2014) était une véritable bombe à fragmentation pulvérisant la gangue poussiéreuse qui étreignait les clichés psyché, les délivrant de leurs bogues moisies et les exhibant fièrement, tels un florilège allégorique et chatoyant de stéréotypes sixtisesques,(On songe ici au bataillon de singles potentiels comme Cambridge, Time Machine, Things Behind The Sun, habilement formatés pop, et donc aisément assimilables), Songs from the 13th floor s’avère, lui,être un album plus personnel, les clichés sont toujours là (Our Life reste un hommage appuyé à des gens comme The Moody Blues ou Barclay James Harvest), mais un peu moins rutilants, notre artiste gaucher n’a plus besoin de convaincre son auditoire de son attachement à cette période et donc, s’ils surgissent encore à l’occasion,c’est avec le discernement qui convient, tout cela au bénéfice de mélodies plus profondes, un peu moins insérables dans le canevas d’une pop traditionnelle… Bref, plus authentiques … L’éblouissant déferlement "guitaristique" inclus dans Turn On, Tune In, Drop Out en atteste.
Cela dit l’album dans sa globalité reste particulièrement équilibré et harmonieux, des singles à haute valeur radiophonique venant ponctuer l’ensemble (L’imparable Lazin’ in the Afternoon, par exemple).
Soyons clairs, Alain, Marcus, René (Et Didier aux manettes ) n’ont plus rien à prouver, ils s’amusent et y prennent un pied fou, et parce qu’ils aiment ça, et parce que c’est aussi et surtout ça, l’essence du Rock… Alors fatalement, on aime, nous aussi. Deuxième jalon d’un parcours logique et sans faute pour notre guitariste hutois préféré.
http://www.alain-pire.be/
Lazin’ en écoute et téléchargement ici
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