mercredi 19 juillet 2017

Se lancer dans une carrière solo après avoir fait partie d’un groupe à succès, c’est évidemment plus que courant et on ne s’étonnera pas que Beth Ditto y vienne aussi. Tout d’abord, n’attendez pas la fièvre dance-punk des premiers albums de The Gossip. Leur dernière livraison montrait d’ailleurs un certain tassement. Logique dès lors pour leur charismatique chanteuse d’aller explorer d’autres pistes. On pensait que ce serait vers l’électronique et le dancefloor sur base d’un EP consistant sorti il y a 2011 années et chapeauté par la paire de Simian Mobile Disco.
Mais non, Beth n’ira pas dans cette direction. Sa voix lui permet de nombreuses possibilités. Le jour où elle décidera de se la jouer Motown, c’est tout-à -fait possible. Sa façon nouvelle laisse plus d’espace à son impressionnant et attachant organe. Ceux qui sont venus sur base de leurs bons souvenirs auront tout de même quelques éléments à se mettre sous la dent. Un peu de nerf sur We Could Run ou un peu de pulsation sur Do You Want Me To par exemple mais on est bien loin des propulseurs à poudre de The Gossip. Mais ce n’en est pas inintéressant pour autant.
On se doute aussi que ceux qui sont venus sur base de ce qu’ils connaissent de Beth Ditto pourraient buter sur des morceaux un peu sirupeux (Love In Real Life) ou qui se veulent poignants sans vraiment l’être. Lover a tout de ces morceaux de transition des compiles de slows. On devine qu’on s’éloigne sensiblement de ce qu’on aime.
Quand elle chante quelques mots en français sur le glam-pop Oo La La, on se dit que cette chanson plus tortueuse pourrait être chantée par Arno ou par Goldfrapp (le titre, forcément…). Ce n’est pas le genre de rapprochement qu’on a pu anticiper et ces pensées maintiennent l’attention parfois mise à mal lors de l’écoute.
On le constate, on est loin de l’échappée belle de Roisin Murphy après Moloko. C’est moins une question de talent (indéniable) que de choix artistiques comme faire appel à la productrice r’n’b Jennifer Decilveo. Pour rappel, c’était Matthew Herbert qui a réalisé Ruby Blue. Autres moyens, autre volonté, autre résultats en toute logique. On se demande cependant à qui s’adresse cet album qui ne comporte pas de moment qui mettra tout le monde d’accord.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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