mercredi 29 novembre 2017, par

Des brouillons en friche, des critiques inachevées, il y en a des dizaines. Elles sont purement et simplement vouées à l’oubli après un temps. Mais certains albums résistent si bien à l’épreuve du temps qu’ils restent là. Il faut le dire, suivre l’actualité musicale à la culotte (de moins en moins il est vrai) impose ce genre de scorie. Il a donc fallu que The/Das sorte un nouvel album pour que je boucle un article sur ce qui aurait dû figurer dans ma liste d’albums préférés de 2014 si j’avais été sur la balle. Parce que c’est un peu plus tard que je suis tombé sur ce clip (il est en-dessous), trouvé ça fantastique et puis adoré l’album dont il est question aujourd’hui.
Allier une finesse d’écriture et des arrangements électroniques peut donner une infinité de résultats. Le premier nom qui vient en tête est Loney, Dear qui avait décidé de mettre le curseur sur une mélancolie bien moins uniforme ici. Parce que l’électronique est plus intimement liée à la matière musicale dès le groove cotonneux de My Made Up Spook. Une bonne partie de leur maitrise réside dans le choix des sons, assez influences par l’insurpassable école minimale allemande. On n’est pas dans la dance de foire (Stromae, c’est toi que je regarde…) donc, et ça participe grandement du plaisir d’écoute.
Lequel peut prendre des allures diverses. Sur le bien joli Parallel Worlds, quelques notes éparses tapissent une pulsation franche. Ce n’est que le début, assez implacable, intense au final, avec une dose d’euphorie mélancolique sur fond de pulsation. Puis ils peuvent forcer l’allure sur (Under) Miami Waters, qui après un départ placide repart bien franchement. Le long Freezer est aussi assez délectable, plus lancinant et libéré à la fois, et qui se permet une relance en bonne et due forme. Ils varient les plaisirs, augmentant à l’occasion la dose de beat (This Place) ou de synthés (Operator of chance). On pense à leurs compatriotes de Moderat ou Apparat tout seul. Du haut niveau quoi.
D’une manière générale, on se passe fort bien de voix sur ce genre de musique mais ici elle est fort bien intégrée. La voix féminine sur Receiver est tous cas remplie de spleen. Et puis il y a ce Somebody Is qui était notre point d’entrée, notre ticket aller sans retour. Grand moment de mélancolie servie par un beau clip qui sourd un spleen tenace. On n’est pas près d’oublier cette fin en decrescendo
Mêler l’euphorie de la dance et une écriture plus mélancolique peut mener à un bien beau mélange. La voix est toujours bien en place, assez expressive et pas trop passe-partout. Ces morceaux sont articulés et écrits comme des morceaux pop, et la voix n’est pas juste un renfort rassurant pour ceux qui ont peur de l’instrumental. A l’inverse, on n’a pas juste plaqué des arrangements électroniques à des morceaux qui n’en demandaient pas tant. Fond et forme consubstantiels donc, un des grands albums de 2014 qui forcément supporte l’épreuve du temps.
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