lundi 4 décembre 2017

Emporté par le flot continu des sorties, j’ai mis un temps trop grand avant de partager mon enthousiasme pour le premier album de The/Das. Maintenant que c’est fait, on peut se pencher ensemble sur leur seconde réalisation. Autant le dire tout de suite, il ne faut pas ici s’attendre à retrouver tout ce qui nous avait tant plus sur Freezer. Ce qui ne veut pas dire que ce qu’on entend est dénué d’intérêt, mais le style a sensiblement évolué et il faut quelques écoutes pour diluer le souvenir et se concentrer sur le présent. Comme le premier, c’est un album qu’on a ‘usé’ par beaucoup d’écoutes et qui se révèle très apte aux fortes rotations.
Ce qui n’a pas changé, c’est la science du son mais elle est mise au service d’un genre un peu différent, plutôt bercé de house minimale si vous voulez mon avis. On retrouve des sons typiques du genre sur Nano Spinacio et Drug Dilling en est un autre exemple frappant, avec des sons plus happy qui viennent rehausser la fin de morceau.
Le premier morceau est pourtant dans la continuité du premier album, avec une atmosphère languide et des voix de tête qui ne sont pas sans rappeler Tv On The Radio. On retrouve au final moins de mélancolie, certes, mais toujours du groove cotonneux. Love Boat avec ses vocaux volontairement décalés se présente un peu comme la house détendue qu’on goà »te peu ici mais déployé avec une compétence certaine.
Il faudra attendre un peu pour la pulsation qui viendra avec Ischia dont le son un peu deep qui couvre bien le tout et sert de lancement à une voix africaine qui apporte un décalage bienvenu et pas biscornu pour le coup. L’éclectisme n’est que de façade et n’apparait que quand on détaille, pas à l’écoute intégrale qui voit s’enchainer sans problème le très atmosphérique Brace For landing, le long Moon est un morceau qui n’aurait pas déparé l’historique Transitions de Richie Hawtin, sorte de manifeste minimal.
On a moins de morceaux plus ‘pop’ couverts par des sons vraiment aux petits oignons, ils misent ici plus sur les ambiances et le travail du son. C’est de la subtilité que naît l’intensité sur Dog Sled ou Fool You avec ses éclats de voix éthérées.
Sans doute un peu moins percutant parce que plus contemplatif et moins orienté ‘chanson’, la suite de l’excellent Frozen sait prendre son temps. On l’avait déjà dit pour Apparatou Moderat, il est indéniable que pour certains pans de la musique électronique, les Teutons gardent la main. Cette technique leur permet de sensiblement faire évoluer leur style sans perdre leur à¢me ni leur intérêt.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
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