vendredi 25 mai 2018

Finalement, après près de quinze ans de critiques musicales, je connais remarquablement peu d’artistes, et les rares que je puisse saluer sont souvent rencontrées en dehors de ce hobby. Tout ça pour dire que je connais de très loin les protagonistes dans la vraie vie et que c’est assez inhabituel pour moi. La bonne nouvelle, c’est que je ne devrai pas détourner le regard ou la conversation si je les croise par hasard parce que ce qu’on entend sur le second album de la formation bruxelloise m’a plu.
Typiquement dans la ligne éditoriale de ce site (qui se confond depuis plusieurs années avec les goà »ts personnels de votre dévoué serviteur), One Horse Land livre de la musique folk sans artifice, un peu mélancolique pour que ce soit bon. C’est une musique qu’il faut laisser venir. Elle ne s’échappera jamais mais ne fait pas d’appuyés appels du pied. Par exemple, les boiseries du premier morceau semblent volontairement discrètes. Leur richesse est sous-jacente et jamais clinquante.
Dans le large spectre folk ils se situent entre la facilité et la légèreté d’un Cocoon en moins poppy (Everyone, O How Lucky) et l’ampleur baroque d’un River Whyless (pas la référence la plus parlante, j’en suis conscient). Des premiers ils ont une certaine facilité (Lost and Found), des seconds une expansivité qui s’incarne dans la plus progressive plage titulaire. C’est en effet la bonne nouvelle, on sort nettement du cadre d’une musique pastorale pour plus d’ampleur et d’espace. Ce qui nous vaut au passage un très beau Only Child dont l’intensité réclame un peu d’abandon pour percoler. C’est le prix à payer pour cette belle sobriété jamais morose. Haut la main le moment fort de cet album en tous cas. Entre les deux, il y a de la place pour le très dépouillé Somehow qui montre leur maitrise du picking.
C’est la basse qui structure la plage titulaire et elle sert aussi de lancement à un chorus qui monte en spirale. C’est un des grands moments de l’album et a aussi été la base de l’étonnant projet Cover of the future où plusieurs groupes (tous inconnus de mon bataillon) ont reçu les partitions du morceau avant sa sortie. Disponible sur K7, une préciosité malheureusement en vogue (on attend de pied ferme le retour en force de la DAT), le résultat montre une belle diversité et est de fort bonne tenue. Ce qui témoigne en tous cas d’une volonté de trouver de l’amusement et de l’excitation dans le processus de création.
Bon, on a pris l’habitude de voir venir ce genre de groupe de Portland, Oregon ou du Canada. Sans se profiler en suiveurs d’aucune mode, la formation bruxelloise sait distiller ses charmes à tout qui viendra vers eux. Entre facilité pop et ampleur maitrisée, ils sont une découverte à faire pour ceux qui ont l’habitude de prendre des conseils sur ce site.
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