Accueil > Critiques > 2018

Holy Esque - Television/Sweet

lundi 13 août 2018, par marc


Le souffle est une qualité qu’il est difficile d’objectiver. Il est malheureusement aussi assez fugace, les formations qui l’ont voulant parfois souffler trop fort (Of Monsters and Men, Broken Records) ou perdre leur mojo en route (Arcade Fire, Coldplay). C’est pour ça que ce second album d’Holy Esque nous est resté sympathique.

Du premier album paru il y a deux ans, on n’avait guère retenu que le percutant single Rose. Autant le dire tout de suite, on n’a pas ce genre de morceau capable de mettre tout le monde d’accord. Mais ils compensent par une belle constance.

On vous prévient, la façon de chanter de Pat Hynes est bien particulière, entre vibrato et d’autres affectations un peu compliquées à déterminer. Mais une fois la surprise passée, on s’y fait et on se prend même à penser que c’est non seulement un marqueur mais un point fort. Etrangement, c’est quand le morceau est le plus rapide que l’effet est le meilleur (Filth or Passion, Image of Man). Mais tout n’est pas abordé avec le doigt dans la prise, il y a aussi de spleen plus lent sur Television_Sweet.

Sur le lumineux et dark House of Hounds, le mélange chaud/froid fonctionne en plein pour un résultat plutôt euphorisant, comme peut l’être la combinaison de l’énergie et de la mélancolie. Et bon, on aime quand ça tape sans être metal sur I Am The Truth ou les entêtants riffs de Modern Tones.

On l’avoue, on ne se lasse pas de retrouver des touches ‘dark’ à toutes les sauces. Ce sont des sons de synthés pas trop mis en avant, constitutifs de leur gros son. Et comme la voix est un marqueur fort, on peut apprécier cette lourdeur qu’on avait découverte sur l’indémodable Disintegration de The Cure sans avoir à se soucier d’une ressemblance trop flagrante. C’est le même plaisir que certains Clap Your Hands Say Yeah d’ailleurs.

Dans une musique pareille mêlant des choses connues par ailleurs, c’est la puissance qui fait la différence. Il y a ici cette patate, ce souffle donc qui ne les quitte pas tout au long de cet album et c’est pourquoi cette pépite cold et ronde a accompagné notre canicule.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Billions of Comrades - Trotop

    Une certaine distance vis-à-vis des artistes qui sont critiqués ici rend incongrue la proximité géographique. 1480 est un morceau ici mais aussi un code postal. Y a-t-il une école wallonne de la turbulence ? Si on se réfère à La Jungle et ceci, ce n’est pas impossible. Est-ce une coïncidence s’ils font tous deux partie du catalogue Rockerill ? Nous ne le pensons pas.
    Mais cet album produit par Gil (...)

  • Squid - Ô Monolith

    Le post-punk anglais avec morgue est un genre très particulier dans lequel les Londoniens de Squid s’étaient distingués. Il faut dire que ce substrat est utilisé dans tellement de contextes pour tellement de résultats, de Bloc Party à Black Country New Road en passant par Art Brut qu’on peut le décliner de bien des façons.
    Et Squid balaie à lui seul une belle partie du spectre, allant même tutoyer la (...)

  • Bärlin - State of Fear

    Cet imposant album d’un trio lillois nous semble familier sans que ce ne soit exactement identique à quoi que ce soit. Si on tente de retrouver son chemin, on est très vite tentés de s’y perdre pour mieux s’y fondre. Le chant très expressif dès Deer Flight, un peu comme si Patrick Wolf s’était mis au post-punk poisseux et éructait (aboyait même sur Revenge). On y secoue lentement la tête pendant que la (...)

  • Rodolphe Coster and Band – High With The People

    On va être tout à fait honnêtes, on n’avait jamais entendu parler du Bruxellois Rodolphe Coster malgré un parcours visiblement déjà fourni, avec un gros pied dans la musique de danse contemporaine. Mais ce n’est pas le plus important, on a copieusement apprécié cet album immédiatement familier.
    New York est ici un endroit d’enregistrement ici mais aussi un style, avec une forte dose de post-punk (...)