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Marissa Nadler & Stephen Brodsky - Droneflower

mardi 4 juin 2019


Faire évoluer sa carrière solo de façon abrupte est évidemment une option, mais rechercher l’enrichissement via une collaboration est également une prometteuse possibilité. Avec ce projet-ci, c’est forcément la seconde solution que la tellement précieuse Marissa Nadler a choisi. Elle qu’on avait déjà retrouvé dans l’expérience Sailor With Wax Wings s’associe à Stephen Brodsky aguerri par ses prestations dans des groupes plutôt musclés (Old Man Gloom, Cave In, Mutoid Man, New Idea Society) pour de nouvelles envies communes d’écriture qui ne trouvaient pas place dans leurs discographies respectives.

Mêler une voix aérienne et du gros son n’est pas une idée neuve certes mais il faut d’emblée préciser que résultat n’est aucunement le metal gothique qu’on aurait pu penser. La lourdeur est forcément au rendez-vous mais finalement pas si présente. Sur For The Sun la guitare est lourde mais en fond, le morceau reste aérien et aéré avec des notes de piano. La voix de Marissa Nadler est vraiment planquée dans le mix, ne gardant que sa composante aérienne.

On est en tous cas très loin du systématisme. On peut passer de sons pas très éloignés du post-rock (Buried In Love) à des arpèges plus légers. Quand Shades Apart est articulé autour de ces arpèges, les sons ne sont pas que folk et c’est une guitare électrique pleine de réverb’ qui vient s’ajouter. Space Ghost I et Space Ghost II sont même des pièces plus évanescentes, sans guitare aucune. Dead West est plus ‘figuratif’, confinant même à l’à¢preté et à la scansion au néo-folk.

On retrouve avec plaisir deux reprises, Estranged de Guns ‘n Roses et In Spite of Me de Morphine, deux univers bien distincts et a priori également éloignés de l’esprit de l’album. Dans la première nommée, ceux qui ne connaissent pas l’original ne pourront qu’avec difficulté discerner qu’il s’agit d’une reprise. Evidemment, la longueur hors-normes et l’aspect épique maintenant un peu daté (tout comme l’hénaurme clip vidéo) ne sont pas privilégiées par les forces en présence. Mais il faut convenir qu’en l’état on a affaire à un grand morceau. Le classique In Spite of Me, un peu atypique dans la discographie singulière du groupe reçoit le renfort de son saxophoniste. Il s’agit en fait d’un très beau terrain de jeu pour affirmer style.

Les chansons de Marissa Nadler sont toujours un peu hantées, leur donnant un cachet certain à ce qui pourrait être classiquement folk. On comprend l’intérêt de confronter son univers à celui d’autres artistes. Si cette collaboration-ci a tout son sens et une variété qu’on ne retrouve pas nécessairement sur les albums de la bostonienne, on pourra trouver aussi une intensité manifeste mais moins envoà »tante que ses propres albums. Mais ce qu’ils réussissent ici permet d’explorer de nouvelles pistes sonores bien cohérentes.


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