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Inutili - New Sex Society

mardi 1er octobre 2019


D’emblée, les Italiens d’Inutili nous plongent dans un rock tendu, abrasif, le saxophone conférant à l’ensemble un côté jazz très libre (on n’ose pas dire ‘free’ parce que toutes les caractéristiques n’y sont pas). Ce saxophone est un ajout récent visiblement mais on peut dire qu’il est parfaitement incorporé à l’ensemble même s’il ajoute un peu de rudesse parfois.

Sur Rooms, le psychédélisme est primal, celui des longs Pink Floyd avant qu’une éruption vienne jeter un coup de pied définitif dans la fourmilière. Et puis revenir en mode tendu et brouillardeux. Sur ces treize minutes, un large spectre est déjà balayé, on sait qu’on embarque pour un chemin tortueux, pas une ballade pépère. Ca plaira sans doute à ceux qui regrettent les belles (et un rien épuisantes) heures de The Mars Volta.

On se laisse prendre par des parties de morceaux, par des mouvements qui nous dépassent comme la montée irrésistible sur Space Time Bubble. Le format est évidemment articulé comme ça, avec de très longues plages. De façon amusante, ils compressent le tout (sans le sax) sur un court morceau de moins de deux minutes (Tiny Body) et jamais cette furie (sur Seeds par exemple) ne semble leur échapper.

Le chant un peu distancié est plus dans la tradition du post-punk et se révèle plus intransigeant que la collaboration de G.W Sok chez Filiamotsa. Il peut aussi se faire plus éructant sur Space Time Bubble.

Psychédélisme furieux, free-jazz à tendance post-punk, difficile de faire adhérer une étiquette au quintette italien. Allez-y de notre part, bien franchement, mais en connaissance de cause. Tout à tour fleuve tranquille ou torrent au gré des apports de ses affluents, la musique d’Inutili est donc à conseiller à ceux qui n’ont pas peur de se faire mouiller.


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