Accueil > Critiques > 2019

Lovataraxx - Hébéphrénie

vendredi 29 novembre 2019


Vous le savez, on ne rechignera jamais devant un petit album de cold-wave. Le genre ayant connu ses chefs-d’oeuvre historiques et ses défenseurs actuels, on ne peut que juger du plaisir qu’on prend à l’écoute de cette dose de pop synthétique et froide.

Et du plaisir, le duo mixte français peut nous en fournir. Il y a deux voix donc et elles se complètent plutôt bien. Subjugué qui entame les hostilités est un morceau facile d’accès, taillé pour mettre en confiance à l’abord de cet album. Le label s’appelle Unknown Pleasures Records. Ca ne s’invente pas et s’adresse donc à un landerneau de convaincus. D’ailleurs, des traces de sons connus sont à trouver ici. Des guitares à la The Cure (Blok) ou à la New Order pour un effet plus que plaisant sur Angst. Le chant en Allemand du morceau fonctionne forcément.

Mais un des intérêts de cet album est qu’il joue sur des variations dans les frontières du genre. Que ce soit un gimmick de synthé répétitif et entêtant (Craving) ou qui coupe toute référence trop typée (Sidewalk) ou une basse synthétique en avant pour faire de Medicine une soul froide, on ne se lasse jamais. On repense aussi à des relectures plus modernes comme Motorama avec cette grosse basse qui domine les débats.

En proposant une large gamme de variations à l’intérieur d’un genre très balisé et en affichant une volonté d’accessibilité presque pop, Lovataraxx livre un album qui met le plaisir d’écoute en avant donc si la cold-wave vous parle, c’est clairement à conseiller sans restriction.


Répondre à cet article

  • Ladytron – Paradises

    On a longtemps considéré que les Liverpuldiens de Ladytron étaient un groupe à singles. Les albums ont toujours tenu la route sur la longueur mais brillaient par leurs hauts faits. Et puis la viralité surprenante d’un morceau comme Seventeen (de 2002 quand même...) sur TikTok ou la présence du formidable Destroy Everything You Touch sur la BO de Saltburn sont venues renforcer cette impression. (…)

  • Roseland - Beyond the Usual

    A l’intersection de plusieurs choses qu’on aime, ce troisième album est l’occasion de découvrir Emeline Marceau qui officie en tant que Roseland. Et on est content que La Centrifugeuse ait organisé la rencontre musicale.
    Pour que cette musique qui puise dans les énergies rock et synthétiques puisse donner sa pleine puissance, il faut un petit supplément de fougue pour pousser les morceaux (…)

  • Be My Wife - To Deliver a Feeling (EP)

    Parfois déroutants, les noms d’artistes peuvent être révélateurs aussi, surtout quand il s’agit d’une oeuvre. Celui choisi par Frederico Nessi, artiste qui a vécu entre Paris, Miami et Buenos Aires est donc le nom d’un morceau fameux (pour ceux qui sachent) de David Bowie.
    Ce qu’on entend sur cet EP est un étrange mélange de chaud et de froid. C’est ce qui faisait le sel de Bowie et, sans (…)

  • Lescop - Rêve Parti

    Il y a des noms qui sont liés à une époque, qu’on oublie forcément un peu avant de les voir ressurgir de nulle part. Lescop fait partie de ceux-là , vous l’avez definé, petit.e.s futé.e.s que vous êtes. Les années ’80 sont une esthétique qui n’a plus déserté le paysage musical depuis plus de 20 ans. Mais si ce troisième album reste dans ce (micro)sillon, il le fait avec tant d’allant qu’on ne (…)