vendredi 31 janvier 2020

On le voit quand des artistes sont non seulement doués mais lucides. Il y a quelques albums de cela, of Montreal semblait en pilotage automatique. Que le vol se fasse dans des cieux bizarres et infiniment créatifs n’y faisait rien. Les pochettes surchargées, les morceaux infinis changeant toutes les trente secondes, tout semblait un peu se ressembler. Ca restait bon mais la surprise s’était évaporée. Et puis il y a eu l’excellent Lousy With Sylvanbriar et ses inattendus accents dylanniens qui a permis au projet de Kevin Barnes de reprendre les choses en main avec des albums qui ont un son et une identité propres
La pochette ne laisse que peu de doute, le virage vers les années ‘80 est acté. Ce n’est pas vraiment un choc, la pop synthétique du groupe n’impose pas une refonte pour aborder ce changement. C’est flashy forcément et ce n’est pas linéaire non plus, les surprises sont toujours là , livrées avec une réussite variable mais qui réserve d’excellents moments. Ils gardent toujours un aspect ludique (le sautillant St. Sebastian) qui contraste souvent avec les fulgurances des textes. Même si on peut trouver Carmillas of Love un peu trop sucré, ils enchaà®nent tout de suite avec le plus consistant I Don’t Want To Die In America.
Narrativement parlant, Kevin Barnes suit deux tendances depuis l’important Hissing Fauna, Are You The Destroyer ?. Une le voit interpréter des personnages délirants, la second considère les albums comme un journal suivant les phases de sa vie. On est clairement dans cette dernière ici puisqu’on suit l’évolution de sa relation dont les débuts étaient relatés sur White Is Relic / Irrealis Mood.
Ce groupe unique parce que les morceaux gardent une exigence (ils ne sont plus exigeants à écouter), leur permettant de passer la surmultipliée. Polyneurism a un allant certain. Ils ne se sont pas contentés d’ajouter des synthés et gardent aussi leur goà »t pour le gros son hérité d’une relecture glam qui est une de leurs marques de fabrique. Et ça frappe sur Get God’s Attention by Being an Atheist, ça reste hénaurme aussi parce que la facilité mélodique est là (Gypsy That Remain), remplacée à l’occasion par l’énergie brute du plus direct 20th Century Schizofriendic Revengegold-man. Ils ont un style bien à eux en tous cas et les ressemblances de Deliberate Self-Harm Ha Ha avec un vieux morceau de Vetiver (To Find Me Gone) est donc plus que probablement fortuite.
Le discernement n’est a priori pas une qualité sexy en musique, mais elle éviterait sans doute des déboires. Dans le cas qui nous occupe, il a permis à of Montreal de se relancer, de concentrer ses indéniables qualités dans des albums qui maintenant font mouche à chaque fois. Ce n’est pas une petite dose flashy qui va nous faire changer d’avis, que du contraire même…
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être rà¢peux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)