vendredi 7 février 2020

Depuis près de quinze ans, Dan Deacon nous procure autre chose, une certaine respiration qui ne ronronne pas. On ne peut pas toujours dire que c’est reposant (c’est même complètement le contraire) mais on a souvent vu son retour d’un bon oeil. Premier album depuis 5 ans, pendant lesquels il a fait des musiques de film et séries, ce Mystic Familiar traite de thèmes bucoliques, sachant le goà »t récent, affirmé et pas toujours facile à détecter du trublion de Baltimore pour la méditation.
Quand on connaît aussi bien un style, distinguer les albums est toujours subjectifs. Sachez seulement que cette livraison-ci a vraiment plu, qu’elle semble habitée d’une énergie communicative dont on a forcément besoin de temps à autres. Ne vous laissez pas tromper par le clavier qui vous cueille d’emblée, ce n’est pas un piano-voix qui est proposé, comme si Moonface avait abusé de colle mais par les narines. En bref, Become a Mountain est un beau morceau qui prend déjà de la hauteur dans son chorus.
Retour aux affaires habituelles (on n’a pas dit ‘normales’) avec Sat By a Tree et cette giclée d’euphorie pareille à celle de l’inhalation d’hélium. C’est une mise en jambes bien nécessaire avant le plat de résistance, une enfilade de quatre morceaux qui proposent une jolie progression. Mine de rien, Arp I : Wide Eyed dégage une fameuse consistance, sert de rampe de lancement. Le second volet s’emballe forcément et, presque malgré nous, la mà¢choire inférieure reprend sa liberté vers le bas. Oui, les rythmes sont presque frénétiques, c’est un psychédélisme débridé, à une allure folle mais on se reprend forcément sur Arp III même si ça ne peut être que momentané. La remontée lente, sur un gros braquet est assez jubilatoire.
Puis il amorce une vraie descente, à coups de morceau pop plus apaisé pour Fell Into The Ocean ou My Friend On prend alors mieux la mesure de ces morceaux, où un songwriting assez classique se cache sous ces boites à rythmes et ces nappes de glaçage au redbull. Le dernier morceau pourra alors sembler comme une inutile montée final à la fin d’un trail exigeant mais il tient parfaitement la route.
C’est en tant que tout que ces morceaux (et cet album) fonctionnent. C’est à la fois leur force et une limitation. Une force parce qu’on a l’impression d’un ride bien balancé mais ce n’est pas de la musique pour tout le monde en toutes circonstances. L’énergie de l’Américain peut se révéler éreintante si votre état d’esprit ne convient pas. Mais si vous attendez une petite bouffée d’énergie euphorique et solide, on ne peut que recommander.
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