mercredi 2 décembre 2020

Si c’est en tant que leader de Sigur Ros qu’on a découvert Jonsi Birgisson, il avait il y a dix ans sorti un album solo qui montrait qu’il pouvait se débrouiller tout seul, que ses envies étaient compatibles mais différentes. Go explorait en effet un versant plus pop, plus immédiat et vraiment plaisant de ce que qu’a pu faire la légendaire formation post-rock.
Il avoue que s’il a attendu autant de temps avant de lui donner un successeur, c’est qu’il guettait l’opportunité de faire autre chose. Il a choisi de collaborer ici avec A.G. Cook qui produit Charly XCX, artiste a priori éloignée de l’univers brumeux de l’Islandais. C’est donc un peu l’album du grand écart mais il garde souvent une certaine cohérence.
L’entrain qui caractérisait son premier exercice solo semble d’emblée le perdant de la nouvelle osmose. Ce n’est pas trop grave a priori, Exhale installe déjà bien l’ambiance et on retrouve cette placidité nordique qui nous a tant plu chez, disons, Efterklang. La rythmique y est donc lente et lourde. Mais cet équilibre est déjà déplacé sur Shiver. L’impression laissée par le premier album, ce qu’on sait de Sigur Ros et de ce début d’album apaisé se voit bien vite remis en question. Tout d’abord, on se laisse surprendre par des sons plus rudes (Korall) et ce ne sont pas des épices mis dans le dessert, c’est carrément la tonalité de l’album qui change.
Evidemment, la présence d’Elisabeth Frazer est parfaitement en ligne avec la ligne rêveuse de l’artiste islandais et ne constitue pas une surprise. Sa seconde voix est reconnaissable en tous et le morceau est logiquement plus rêveur que ce qu’on entend par ailleurs. Celle de Robyn est quant à elle plus conforme aux ambitions de cet album, pour un Salt Licorice plus rentre-dedans et réussi parce que tous les éléments se mettent en place pour vraiment assumer le genre.
Alors qu’un peu d’euphorie était autrefois apporté par quelques montées bien senties ou un tempo plus élevé, le résultat est souvent dans un entre-deux sur Hold ou Grenade, délicat en tout mais accablé de sons plus francs. Dix ans ont passé, bien d’autres artistes talentueux sont passés par là avec un bonheur supérieur. On pense par exemple à Bon Iver, Sufjan Stevens ou toute cette mouvance autour d’Ed Tullett (Novo Amor, Oliver Spalding) qui arrivent à garder leur délicatesse tout en profitant de l’électronique pour créer de la densité alors qu’ici, le mélange ne prend jamais vraiment, l’impression de sons à¢pres plaqués sur la douceur étant prégnante malgré quelques vraies réussites.
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