mercredi 4 novembre 2020, par

Il va de soi qu’une des raisons de notre attachement indéfectible à The National est la voix de Matt Berninger. Elle est immédiatement identifiable et on sait quels plaisirs auditifs on doit à ce baryton entendu aussi chez Clogs (groupe formé par des membres de The National), Clap Your Hands Say Yeah ou évidemment El VY, groupe qu’il forme avec Brent Knopf, ancien de Menomena qui d’ailleurs se retrouve sur cet album.
Si la carrière de The National est exceptionnelle, c’est peut-être aussi grâce à la versatilité de ses membres qui font partie de la première division de la musique populaire américaine, du néo-classique de Clogs à la production du dernier Taylor Swift en passant par l’instrumental LNZNDRF.
Commencé comme une série de chansons isolées et pas destinées à constituer une oeuvre solo, ce premier album profite logiquement vu la propension de Berninger à créer des liens d’un casting de première bourre. On retrouve donc Brent Knopf mais aussi rien moins qu’Andrew Bird au violon et Gail-An Dorset. Laquelle était déjà sur I Am Easy To Find. Sa voix est vraiment magnifique, la charismatique bassiste de David Bowie devrait étendre ce registre.
Ce qu’on entend sur ce Serpentine Prison est moins complexe que ce qu’on entend dans la formation de base, mais ce n’en est pas un album acoustique pour autant, Distant Axis propose déjà une belle intensité, un relief musical bienvenu. Si on vous dit que c’est très beau, vous ne serez sans doute pas surpris, vous allez forcément apprécier la simplicité de One More Second, la belle mélodie d’Oh Dearie.
Cet album séduit, indubitablement, mais n’atteint presque jamais les sommets auxquels on s’attendait. Sa voix a déjà prouvé qu’elle pouvait se débrouiller toute seule (les frissons c’est par ici) mais la relative simplicité du chant qui doit beaucoup à son baryton n’est jamais autant à son affaire qu’avec les structures plus complexes qu’il n’y paraît de The National. Ou bien avec la folie d’EL VY. Le groupe est une force, une alchimie plus forte que la somme de ses parties. Pour le fan impatient de The National (ça en fait déjà du monde), il y a de quoi étancher sa soif de mélancolie douce et c’est déjà beaucoup.
Une personnalité aussi forte que celle de Xiu Xiu est un appel à la reprise. On connaissait leurs reprises depuis longtemps, c’est peut-être via leur cover de Don’t Cha qu’on s’était frottés une des premières fois à leur univers. Les morceaux présentés ici sont une compilation de ceux qui sont proposés mensuellement à leurs souscripteurs Bandcamp.
Le trio s’approprie forcément ces morceaux (…)
Il est des artistes qu’on aime précisément pour leur radicalité. S’ils ont su arrondir les angles parfois, on dénote chez A Place To Bury Strangers, Xiu Xiu ou HEALTH une propension à en faire trop parce que c’est comme ça qu’on ouvre des voies, qu’on évite la tiédeur.
Ce qu’on a dit du précédent RAT WARS s’applique bien toujours ici. Les sons de guitare peuvent être râpeux, c’est toujours (…)
Ce n’est pas un phénomène nouveau, la perception d’un album est très liée à l’attente. On ne va pas affirmer qu’elle n’était pas élevée à l’annonce d’un nouvel album de Midlake, surtout qu’ils n’ont jamais été qu’impeccables mais près de 18 ans ont passé depuis The Courage of Others. Qui reste peut-être leur sommet et ce genre d’émotions-là n’ont plus été atteintes à l’identique.
Mais (…)
S’il est une constante dans la discographie du désormais duo The Antlers, c’est la douceur. C’est elle qui leur a toujours permis de se singulariser, de rendre tellement attachants des albums qui comportaient moins d’adrénaline.
Mais ce qui faisait le sel de la formation, c’est leur capacité à provoquer l’émotion par une tension, une intensité supérieure. Ici, Carnage reprend les mêmes (…)