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Yann Tiersen - Kerber

mercredi 15 septembre 2021


On a déjà longtemps évoqué les multiples périodes de la carrière de Yann Tiersen. On se bornera cette fois-ci à dire que ce Kerr se place dans la lignée de ses dernières productions plutôtambient et d’inspiration bretonne. Et c’est logique et bienvenu. Inspiré comme souvent par son île de Ouessant, il étoffe un peu le son en gardant ses qualités.

Le piano domine les débats et son légendaire sens mélodique y excelle. Mais il n’est pas seul, l’enrobage sonore proposé par le producteur Gareth Jones le multiplie, l’enrichit sans l’alourdir. On se rappelle aussi qu’on avait été moins captivés par Eusa où la nudité desservait un peu la beauté du propos. N’attendez peut-être pas les sommets d’émotion rappelés par les relectures du Portrait paru l’an passé mais outre une petite douceur qu’on aurait tort de refuser, il sait hausser le ton quand il le faut.

Il y a donc de vraies raisons objectives de revenir sur cet album. Il y a d’abord beaucoup de réverb’ sur le piano (Ker Al Loch) et puis le morceau devient plus lancinant, plus fort et déborde donc largement du cadre de ses exercices plus contemplatifs. On a évidemment droit à une impeccable mélancolie (Kerdall) avec une résurgence typique et forcément fondante. Le haut fait restant sans doute le tenace Kerber. Et il y a aussi des morceaux de transition pour compléter le côté narratif.

Le retour breton de Yann Tiersen semblait logique et tout de suite familier mais il avait jusqu’ici privilégié un aspect éthéré qui s’efface un peu ici pour une musique plus riche et plus frontale, plus à même de résuciter les émotions qu’on lui doit.


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