Accueil > Musique > 2022 > Destroyer - Labyrinthitis

Destroyer - Labyrinthitis

vendredi 25 mars 2022, par Marc


On ne se lassera pas de L’équilibre entre les découvertes continuelles (oui, envoyez plein de choses) et les retours réguliers d’artistes appréciés. Le premier volet s’auto-alimente presque miraculeusement, le second volet est déjà bien fourni cette année.

Le rock s’est bâti sur un mythe de jeunesse et chaque vague qui est venu après les origines (Punk, grunge, indie...) a prolongé cet état d’esprit. Quand un rock ’adulte’ a émergé, appelé AOR, c’était aussi un repoussoir, une union contre nature qui il faut le dire a nous a fourni quelques abominations (Toto, misère). Evidemment, le jeunisme n’est pas la seule option possible mais force est de constater que bien des artistes ont souvent le choix entre faire semblant d’être toujours jeune ou risquer de s’affadir.

La musique de Dan Bejar a toujours été adulte, policée, raffinée mais elle ne vire jamais à l’ennui. Il faut sans doute l’avoir vu en concert pour se rendre compte à quel point les musiciens qui l’entourent sont excellents. Certes, ce n’est pas une anomalie dans le paysage indé nord-américain, mais ce qui pourrait apparaitre comme exceptionnel est juste la norme à ce niveau-là.

Mais adulte ne veut pas dire sclérosé et outre sa poésie toujours étrangement précise, il se permet quelques incongruités. Par exemple, cet album commence par un morceau aussi long et lent. Peut-être pour faire ressortir Suffer à sa suite ? Le côté spectaculaire du morceau dans une veine presque eighties fait mouche en tous cas et c’est comme toujours un album pour ceux qui en écoutent encore bien entendu. On retrouve sur celui-ci un son synthétique teinté d’années ’80, avec des basses qui slappent, voire un son full disco sur It Takes A Thief, avec une densité de son dingue qui empêche le morceau d’être lisse. On sait que le chant très particulier de Dan Bejar s’accomode très bien de ce style qui permet aussi de se lancer dans des poussées plus electro) (incroyable Tintoretto, It’s For You)

La perception est évidemment subjective. On avait moins goûté la froideur de Kaputt par exemple mais on a fondu tout de suite et durablement pour ce Layrinthitis (nom d’une infection de l’oreille interne troublant l’équilibre). On sent tout l’allant d’All My Pretty Dresses ou Eat The Wine, Drink the Bread. Et même avec un tempo plus lent, l’intensité est là (June), avec de l’espace pour que sa verve puisse s’exprimer au mieux. On parle parfois de X-factor pour définir ce petit plus qui distingue un artiste de ses semblables. Et Dan Bejar l’a toujours eu et n’est pas près de le céder.

Article Ecrit par Marc

Répondre à cet article

  • Metric – Fromentera

    Il est troublant de noter le retour de Metric quelques semaines après celui de Stars. On associe mentalement les deux groupes de Toronto parce qu’ils sont contemporains, que les chanteuses ont toutes deux participé à des albums de Broken Social Scene et surtout parce qu’ils ne nous ont jamais vraiment déçus.
    On sait tout de suite qu’on ne le sera pas cette fois-ci non plus grâce à Doomscroller. Leur caractéristique, c’est la tension de toute façon et elle est bien là. Ajouter des beats sans tomber (...)

  • Spencer Krug - Twenty Twenty Twenty Twenty One

    Même s’il y a eu quelques années fastes, même Jean-Louis Murat ne se montre pas aussi productif que Spender Krug. Lui qu’on a croisé avec Wolf Parade, Sunset Rubdown, Swan Lake et Moonface avec ou sans Siinai officie depuis l’an passé aussi sous son propre nom. Fading Graffiti n’avait pas laissé un souvenir impérissable. Mais connaissant le bonhomme, on savait qu’il ne faudrait pas attendre longtemps pour qu’il nous revienne en meilleure forme. Et disons-le d’emblée, c’est le cas ici
    Sans doute que le (...)

  • Stars – From Capelton Hill

    On a toujours eu besoin de Stars. Que ce soit conscient ou non. Ce n’est pas un appel impérieux, non, mais chaque livraison nous fait replonger. Issus de la grande vague canadienne du début du millénaire, ils s’en distinguaient un peu en tempérant l’indie héroïque du temps par une pop rêveuse mais toujours directe.
    C’est quand ils chantent tous les deux qu’on a leurs moments les plus caractéristiques. Et on aime cette douceur, cette mélancolie qui enveloppe Back To The End, la très belle mélodie de (...)

  • Arcade Fire - WE

    On ne va pas refaire inlassablement le match mais il faut quand même rappeler que la suite des trois premiers albums qui se sont imposés comme des classiques a vu le super-groupe de Montréal produire un album copieux et inégal qui comportait ses fulgurances puis un exercice plus cohérent mais qui restera comme un point noir de leur discographie. Peu de morceaux surnagent d’Everything Now et la très Abba-esque plage titulaire est quand même loin des standards de ce qu’on a aimé chez eux. Ils (...)