lundi 20 juin 2022

Parfois le contexte d’un album est plus complexe à détailler que le contenu lui-même. Ici, ce sont deux collectifs de Caen, Collectif Toujours et Neuvième Ruche qui ont rassemblé des artistes électroniques (musiciens mais aussi chorégraphes) et ceci est le produit de leur collaboration. Pour l’exhaustivité, citons les noms des artistes impliqués : Nà¶mak, Canblaster, Gauthier Toux, Samba de la Muerte, Philippe Boudot, Morgane Carnet, Nils Peschanski, Neysa Barnett.
Difficile donc de discerner les intervenants et c’est très bien comme ça. Mais ou des exercices comme FUCTAPE partent dans énormément de directions, cet album reste remarquablement cohérent. Sans doute que ce line-up fait d’opportunités a induit cet entrechoquement. Typiquement, le saxophone pourrait être absent de bien des morceaux sans laisser un trou béant. Mais en tant que tels, ces morceaux restent cohérents et ce sax ajoute du liant entre les morceaux en plus d’une touche de liberté bienvenue. On pense un peu au piano de Chilly Gonzales en liberté chez Plastikman mais le fond est moins minimal.
Entrechoquement aussi sur Circles Take où des structures techno appuient un sax très free jazz pour une belle giclée d’euphorie. Ils n’ont même pas besoin de sortir les beats pour que ça fonctionne. De belles structures denses pouvant déboucher sur des entrelacs de percussions (Outrolude) pour un résultat lumineux. Oui, il y a un peu de voix (triturées) sur Wind mais ce ne sont pas elles qui prennent le plus de place. Fort heureusement aussi, les morceaux plus louvoyants comme 6.1.10 n’en deviennent jamais arides, il y a toujours de l’air et de la lumière. Ils nous laissent avec une dernière longue plage Nican qui n’est pas qu’un sas de décompression et qui convoque de bons vieux breakbeats
Malgré le vocabulaire abstrait utilisé ici, cet album de jazz electro de haute tenue est remarquablement accessible et cohérent. Dans le genre, il se profile comme un des meilleurs exercices de l’année et pourra servir d’introduction à beaucoup d’artistes qu’on ne connaissait pas.
On le signale trop peu, mais certains labels sont des sources de bonheurs auditifs assez manifestes. Sinnbus par exemple nous a présenté Eilis Frawley, Dekker, Einar Stray, Close Talker, Mildfire, Painting, Rue Royale, The/Das ou Yeah But No. Une belle collection que ne dépare évidemment pas Odd Beholder tant Daniela Weinmann continue à nous enchanter.
Après avoir revisité sa jeunesse suisse (…)
L’émergence récente d’Angine de Poitrine a rappelé au monde musical ébahi l’existence du math-rock et des noms claqués qui y sont légion. Evidemment, cette niche musicale existe depuis bien longtemps et on vous en parle régulièrement. Si ce qu’on entend sur le retour de ce groupe vétéran (formé en 1998) n’est pas du math-rock au sens strict mais on y retrouve certains de ses codes.
La (…)
Le manque de batterie n’a jamais été manifeste chez le duo belge La Jungle (Rémy Venant et Mathieu Flasse) tant leur musique a toujours été percussive en diable. Pourtant, ils ont recruté un second batteur (David Temprano, qui officie aussi seul en tant que Landrose) et le moins qu’on puisse dire, c’est que le nouveau trio envoie du lourd. C’est donc primal, un peu bestial mais ils ont (…)
Certains labels sont une promesse. En se frottant à une sortie de l’aventureux Kythibong, on sait qu’on s’embarque pour une aventure. D’autant plus que la cheville ouvrière Aymeric Chasleries est ici à la manœuvre, associé à Maxime Canelli.
Le nom de la formation est tiré du jeu Nokia Snake 2. Au-delà de l’anecdote, on sent qu’une envie ludique domine largement ici. Utiliser des instruments (…)