Accueil > Critiques > 2023

Maita - Loneliness

mercredi 22 février 2023, par marc


C’est sans doute une étrange idée d’aborder une discographie inconnue par une relecture acoustique d’un album qu’on n’avait pas écouté mais toute occasion est bonne de découvrir du talent. Donc après avoir sorti I Just Want To Be Wild For You, Maita (Maria Maita-Keppeler en vrai) a voulu tout de suite faire émerger des versions acoustiques, plus proches des compositions originales. Les morceaux pourraient être ceux de la jeune Marissa Nadler, exécutés avec une froideur moindre, forcément. Sa belle voix aide dans ces cas-là.

Après une écoute, l’envie de connaitre l’album de base est inévitable. On s’y plonge donc. La ressemblance avec Marissa Nadler est encore plus manifeste et on distingue des accents à la Feist. Et une belle densité sur plusieurs morceaux. C’est certain, cet album tient tout seul. Quand on revient sur ce Loneliness, on a l’impression d’entendre un tout autre album, pas une version différente. Elle a regroupé les deux volets de You Can Sure Kill a sunday Party mais en gardant l’engagement original, on la sent un peu s’énerver dans le vide. On sent aussi que Light of My Life n’a pas été conçu pour cette interprétation.

Pour une fois, on va moins parler des spécificités de cet album que des qualités d’une artiste. Evidemment, on est presque à saturation de chanteuses douées (celles cités plus Phoebe Bridgers, Emily Jane White, Sharon Van Etten, Bat For Lashes, Lana Del Rey) mais le ton de Maita est suffisamment personnel pour ne s’inscrire dans leur sillage que sur le point de la qualité. Mais on peut aussi préférer les versions plus étoffées même si les paroles ou la voix se singularisent moins. Ou alors se concentrer sur cette simplicité. A vous de choisir, ou de prendre les deux après tout.

    Article Ecrit par marc

Répondre à cet article

  • Bélier Mérinos - Triste mais en tout temps joyeux

    On en a connu, des noms d’animaux. Etrange à dire sans doute, mais le nom derrière lequel se cache Geoffroy Pacot correspond plutôt à la musique, fondamentalement champêtre mais dénuée de pittoresque.
    Traduire un paysage en musique est sans doute une des entreprises les plus compliquées qui soient mais ce genre de post-rock bucolique y arrive, avec ce qu’il faut de field recordings et d’arpèges (...)

  • Villagers – That Golden Time

    Villagers, c’est quinze ans d’intense délicatesse. Le projet presque solo de Conor O’Brien nous a depuis longtemps habitués à osciller entre une vraie délicatesse et plus d’ampleur. Celui-ci est franchement évanescent en première écoute, d’ailleurs j’étais un peu passé à côté pour être honnête. Il peut se faire plus lyrique, on le sait.
    Mais même sur Truly Alone, la subtilité est là, avec son petit clavier (...)

  • Binidu - //

    Si on avait croisé le chemin de Vincent Dupas quand il officiait en tant que My Name Is Nobody, on était passés à côté de ce projet qu’il partage avec Jean Baptiste Geoffroy et Jérôme Vassereau (ils sont aussi tous membres de Pneu). Le troisième album en onze sera donc l’occasion de faire la découverte.
    On sent dès le début de We Grew Apart que le morceau ne restera pas aussi désolé et de fait une (...)

  • Dan San - Suite

    On se doutait bien à l’écoute de l’excellent Grand Salon que l’évolution de Dan San n’était pas temporaire. En clair, ils ont un plan. Rappelons que pour les autres envies, les membres font aussi partie de formations comme The Feather, Pale Grey ou Condore. Donc, quand ils reviennent au camp de base, c’est pour se donner les moyens de converger ensemble vers un style identifiable. La mise en son est (...)